Auguste de Chambure

modifier - modifier le code - modifier Wikidata

Auguste de Chambure
Auguste de Chambure
Auguste (II), dit le comte de Chambure (1865-1943). Paris, vers 1900.
Fonctions
Maire d'Escrignelles
jusqu'en
Vice-président
Automobile Club de France
à partir de
Directeur
L'Argus de la Presse
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
François Gaston Augustin Pelletier de ChambureVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Famille
Enfants
Élisabeth de Rothschild
Hubert de Chambure (d)
Gérard de Chambure (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Autres informations
Propriétaire de
Membre de
Distinctions

Auguste (II) Pelletier de Chambure ( à Semur-en-Auxois - à Escrignelles) est un homme de presse français, fondateur de l'Argus de la Presse.

Biographie

Études de droit

Il est le fils de Gabriel Pelletier de Chambure, médecin en chef de l’hôpital de Semur-en-Auxois, et de Léonie Simon. Il étudie à Dole et à Dijon ; il vient à Paris pour poursuivre des études de droit ; il obtient sa licence en 1890, prête serment comme avocat la même année et devient directeur du journal politique quotidien Le Démocrate, « à la suite duquel est rattachée une affaire financière ». En 1908, il est reçu docteur en droit[1],[2].

Un réserviste assidu

Engagé conditionnel au 1er régiment d’artillerie le , il est sergent engagé conditionnel le au 86e régiment d’infanterie. Nommé caporal le , il devient sergent le  ; il est mis en disponibilité le et nommé sous-lieutenant de réserve le [3],[1].

L'appréciation du chef de corps précise :

« Officier de réserve très instruit, très intelligent et d’une belle prestance militaire, mais manque un peu de connaissances pratiques suffisantes pour accomplir convenablement les fonctions d’officier de section, surtout à la manœuvre. Serait rapidement à la hauteur. A fait un stage du 27 août au 28 septembre 1894. Pas de dettes connues. Mœurs, conduite et principes bons. »

Le général de brigade note : « Belle attitude militaire et bien doué aussi bien au point de vue intellectuel qu’au point de vue physique, a du goût pour la mission et de l’aptitude pour le commandement. »[1].

Homme de droite

Politiquement, il s’affiche à droite : il soutient publiquement le Général Boulanger, est membre de son comité de soutien en 1890. Ce comité se réunit à Jersey pour discuter des investitures aux prochaines municipales. Il multiplie les articles patriotiques dans La Cocarde, le quotidien nationaliste et socialiste, ouvertement antisémite[4]. Il est membre du jury du Trente-et-unième Concours annuel de l’Union des Sociétés d’Éducation Physique et de Préparation au Service Militaire. En 1924, il s'inscrit à l’Action Française. Il est élu maire d’Escrignelles jusqu’à sa mort[5],[3].

L’Argus de la Presse

Vers 1890, Auguste collecte et découpe les articles de presse concernant Mata Hari ; il les réunit dans un album, et le lui offre[6].

Il quitte son journal et acquiert une affaire dont il entrevoit le potentiel. Fondée quelques années auparavant par Alfred Chérié, cette société, moyennant un abonnement modique, envoyait régulièrement les concernant un personnage ou un sujet précis. Quotidiennement, des « coupeurs », à l'aide de crayons de papier bleus, cochaient les articles repérés dans tous les journaux, en faisaient des « coupures de presse » et les envoyaient aux clients le jour-même[7]. Le nom de cette société évoquait l’argus, cet oiseau de la mythologie grecque : son plumage est parsemé d’une myriade d’yeux et lui permet de tout voir[8]. Toutes les personnes importantes étaient abonnées à l’Argus de la Presse[7].

Un chasseur renommé

En 1920, avec Mignon, un magnat de la presse, Chambure reprend le territoire de chasse des Béthune-Hesdigneul à Sully-sur-Loire, non loin de sa propriété de Fleury, dans la commune d’Escrignelles dans le Loiret. Il comprend trente-trois fermes et s’étend sur 2 500 hectares. Les associés sont Kapferer, Hauzeur, van der Heyden, Fauguel, Chapuy, Colombel, Maurice Solvay, Thion de La Chaume, Henri de Rothschild ou le comte de Fels[9],[3].

Sportif et clubiste

Il fonde, en 1903, le Club du Griffon Boulet, race de chiens de chasse.

En 1931, Auguste, président du Soldat de demain, vice-président de l’Union des Sociétés d’éducation physique et de préparation au service militaire, est promu officier de la Légion d’honneur par le ministère de l’éducation physique, pour son dévouement aux sports et à la préparation militaire[10].

Il est membre de l’Automobile Club de France, entre au comité, et en assurera la vice-présidence en 1932.

Il préside les compétitions de tir au pigeon du Cercle du Bois de Boulogne, les courses hippiques de Gien et la Fédération française du Bridge[3].

Décorations

Il est fait chevalier de la Légion d'honneur, le  ; officier, le  ; commandeur le [5],[10].

Famille

Il appartient à une famille de judicature bourguignonne ; sa filiation est suivie depuis le début du XVIe siècle, et tient fief depuis le règne de Louis XIV ; il est l'arrière-petit-neveu au 6e degré du colonel Auguste Ier de Chambure (1789-1832), qui a participé aux batailles napoléoniennes (son nom est gravé sur l’Arc de triomphe)[11].

Appelé le comte de Chambure, il se marie à Paris IXe, le , à Camille Marie Courtois-Desquibes (1871-1932). Elle est la fille d'un polytechnicien, capitaine à l’état-major particulier du Génie, chef de bataillon du Génie à la direction du Génie en Cochinchine. Sa famille a le goût de la musique, du théâtre, des lettres et du journalisme.

La tante de Camille, Anne-Marie Courtois (av. 1839-1867) a épousé Jules Brisson (1825-1902), directeur des Annales politiques & littéraires, auteur d’une dynastie de journalistes. L’une des sœurs de Camille, Jeanne Courtois, sociétaire de la Comédie française, sous le nom de Jeanne Even, s’est mariée à Eugène Brieux (1858-1932), auteur dramatique qui est reçu à l’Académie française en 1909[12].

Avec Camille Courtois, Auguste a trois enfants :

  1. Elisabeth Pelletier de Chambure, (1902-1945 en déportation), baronne Marc de Becker-Rémy, puis baronne Philippe de Rothschild (1902-1988) ;
  2. Hubert Pelletier de Chambure (1903-1953), banquier, planteur en Indochine, marié à la musicologue Geneviève Thibault (1902-1975) ;
  3. Gérard Pelletier de Chambure (1908-1971), président de la section professionnelle du Stade français, succèdera à son père à la tête de l’Argus de la Presse ; il est marié avec Marie-Eliane Singer (arrière petite-fille de Flore Singer).

Publications

  • CHAMBURE (A. de), A travers la presse. Préface de M. Adolphe Brisson. Paris, Th. Fert, Albouy & Cie, 1914.
  • CHAMBURE (A. de), Quelques guides de l’opinion en France Pendant la Grande Guerre 1914-1918. Paris, Celin, Mary, Elen & Cie, 1918.

Bibliographie

  • CHARRAULT (Abbé L.), La Chaux et le fief de Chambure. Autun, L. Taverne et Ch. Chandioux, 1923.
  • DÄNZER-KANTOF (Boris) et NANOT (Sophie), De Mata Hari à Internet, le roman vrai de l’Argus de la presse. Paris, Editions Hervas, 2000
  • PREJELEAN (René), Souvenirs d’un fusil de chasse. Paris, Edition Revue Adam, 1949.

Notes et références

Notes

Références

  1. a b et c Abbé L. Charrault, La Chaux et le fief de Chambure, Autun, L. Taverne et Ch. Chandioux, , p. 61
  2. B. Dänzer-Kantof et S. Nanot, De Mata Hari à Internet, le roman vrai de l’Argus de la presse, Paris, Editions Hervas, , p. 27
  3. a b c et d « Auguste de Chambure », sur retronews.fr (consulté le )
  4. Il fut un temps dirigé par Maurice Barrès, le chantre lorrain de la terre et des morts
  5. a et b « Nécrologie d'Auguste de Chambure », Paris-Soir,‎ , (A4, n°870) p. 3
  6. B. Dänzer-Kantof et S. Nanot, De Mata Hari à Internet, le roman vrai de l’Argus de la presse, Paris, Editions Hervas, , p. 12
  7. a et b B. Dänzer-Kantof et S. Nanot, De Mata Hari à Internet, le roman vrai de l’Argus de la presse, Paris, Editions Hervas, , p. 40
  8. B. Dänzer-Kantof et S. Nanot, De Mata Hari à Internet, le roman vrai de l’Argus de la presse, Paris, Editions Hervas, , p. 13
  9. R. Préjelean, Souvenirs d’un fusil de chasse, Paris, Edition Revue Adam,
  10. a et b « Légion d'honneur: Promotion d'Auguste de Chambure », L’Homme Libre,‎ , (A19, n°5296)
  11. Abbé L. Charrault, La Chaux et le fief de Chambure, Autun, L. Taverne et Ch. Chandioux, , p. 21&61
  12. Abbé L. Charrault, La Chaux et le fief de Chambure, Autun, L. Taverne et Ch. Chandioux, , p. 62

Liens externes

Content Disclaimer

Informasi ini disarikan dari Wikipedia dan disajikan kembali untuk tujuan edukasi. Konten tersedia di bawah lisensi CC BY-SA 3.0. Kami tidak bertanggung jawab atas ketidakakuratan data yang bersumber dari kontribusi publik tersebut.

  1. The information displayed on this website is sourced in part or in whole from Wikipedia and has been adapted for the purpose of restating it. We strive to provide accurate and relevant information, however:
  2. There is no guarantee of absolute accuracy. Wikipedia is an open, collaborative project that can be edited by anyone, so information is subject to change.
  3. It is not intended to constitute professional advice. The content displayed is for informational and educational purposes only. For important decisions (e.g., medical, legal, or financial), please consult a professional.
  4. Content copyright. Wikipedia is licensed under the Creative Commons Attribution-ShareAlike License (CC BY-SA). This means that content may be reused with appropriate attribution and shared under a similar license.
  5. Responsible use. Any risk arising from the use of information from this website is entirely the responsibility of the user.