Joe Hewitt
Pour les articles homonymes, voir Hewitt.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Formation |
Scotch College (en) |
| Activité |
| Arme | |
|---|---|
| Grade militaire | |
| Conflits | |
| Distinction |
Joseph Eric Hewitt, né le à Tylden dans l'État de Victoria et mort le à Melbourne dans le même État, est un militaire australien, haut commandant de la Force aérienne royale australienne (RAAF). Il s'engage dans la Marine royale australienne en 1915, puis est transféré définitivement à l'Armée de l'air en 1928. Joe Hewitt commande la No. 101 (Fleet Cooperation) Flight (en) au début des années 1930, et le No. 104 (Bomber) Squadron RAF (en) dans le cadre d'un échange en Grande-Bretagne peu avant la Seconde Guerre mondiale. Il est nommé RAAF's Assistant Chief of the Air Staff en 1941. L'année suivante, il est affecté au quartier général des forces aériennes alliées du Commandement de la zone Pacifique Sud-Ouest, en tant que directeur du renseignement. En 1943, il prend le commandement du No. 9 Operational Group, la principale force de frappe mobile de la RAAF, mais est limogé de manière controversée par le chef d'état-major de la Force aérienne, l'air vice marshal George Jones, moins d’un an plus tard, en raison de problèmes présumés de moral et de discipline.
Décrit comme un « petit homme élégant », « au franc-parler, voire « arrogant » », Joe Hewitt surmonte le revers subi par sa carrière pendant la guerre et apporte ses contributions les plus marquantes en tant qu'Air Member for Personnel, de 1945 à 1948. Directement responsable de la démobilisation de milliers de membres du personnel mobilisés en temps de guerre et de la restructuration de ce qui est alors la quatrième force aérienne mondiale en une structure de temps de paix nettement plus réduite, il contribue également à la modernisation de l'enseignement et de la formation au sein de la RAAF. Joe Hewitt est fait Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique en 1951, l'année même où il devient Air Member for Supply and Equipment. Après avoir pris sa retraite de l'armée en 1956, il se lance dans les affaires et dirige ensuite sa propre maison d'édition. Il écrit deux livres, dont Adversity in Success, un récit sur la guerre aérienne dans le sud-ouest du Pacifique.
Biographie
Jeunesse et début de carrière
Né le à Tylden, dans l'État de Victoria, Joseph Eric Hewitt est le fils de Joseph Henry Hewitt et de son épouse Rose Alice, née Harkness[1],[2]. Il fréquente le Scotch College de Melbourne avant d'intégrer le Royal Australian Naval College dans la baie de Jervis en 1915, à l'âge de 13 ans[3]. Après avoir obtenu son diplôme en 1918, Joe Hewitt est affecté en Grande-Bretagne en tant que midshipman pour servir au sein de la Royal Navy[1]. Il est promu lieutenant dans la Royal Australian Navy (RAN) avant de se porter volontaire pour être détaché auprès de la Force aérienne royale australienne (RAAF) en tant que Flight lieutenant en [3],[4]. Joe Hewitt suit la formation de pilote à la No. 1 Flying Training School RAAF, à Point Cook, et obtient son diplôme à la fin de l'année[5]. Il est ensuite détaché auprès de la Royal Air Force en [6], où il occupe un poste temporaire de Flying officer jusqu'en septembre[7]. Il épouse Lorna Bishop à Sydney le ; le couple a trois filles[1].

En , Joe Hewitt rejoint la No. 101 Flight RAAF, nouvellement créée, qui exploite des Seagull III (en) amphibies. Avant de partir en mission dans le Queensland pour effectuer des relevés sur la Grande Barrière de Corail à bord du HMAS Moresby, il s'entraîne à effectuer des manœuvres dans le centre de Melbourne, avant d'accoster sur le fleuve Yarra, près de la gare de Flinders Street. Les critiques formulées par les médias à l'encontre de cette frasque le conduise à être convoqué devant le Chef d'état-major de la Force aérienne, le Group Captain Richard Williams, qui, loin de réprimander Joe Hewitt, se dit « modérément satisfait de cette publicité ». Après avoir achevé ses missions de reconnaissance en , l'unité sert à bord du porte-hydravions HMAS Albatross[8].
Le transfert de Joe Hewitt vers l'Armée de l'air est officialisé en [1]. Promu Squadron leader, il prend le commandement de la No. 101 Flight en [1],[9] et supervise l'embarquement du Seagull à bord du croiseur HMAS Australia en septembre-[10]. Joe Hewitt termine son affectation au sein de la No. 101 Flight l'année suivante, puis est muté en Grande-Bretagne en 1934. Au cours de sa première année à l'étranger, il fréquente le RAF Staff College à Andover, puis occupe le poste d'officier de liaison adjoint à l'Australia House, à Londres, en 1935[2]. Bien qu'il soit un pilote spécialisé dans les hydravions, il se reconverti aux bombardiers en Angleterre, pilotant des Hawker Hind et des Bristol Blenheim en tant que commandant du No. 104 Squadron RAF à partir de 1936[3],[11].
Joe Hewitt est promu Wing commander en . De retour en Australie, il est nommé senior air staff officer (SASO) à la Base aérienne de Richmond, en Nouvelle-Galles du Sud, au mois de juin[1]. En , il est désigné pour prendre la tête du No. 10 Squadron, dont la création est prévue pour le à la base de la RAAF de Rathmines, récemment mise en service près du lac Macquarie. Alors qu'il s'apprête à partir pour l'Angleterre afin de prendre livraison des hydravions Short Sunderland prévus pour compléter l'effectif de l'unité, il se casse la nuque en faisant de la moto près de Richmond ; il est donc contraint de renoncer à cette mission le temps de se rétablir. De retour en service en août, il se voit confier le commandement de la base de Rathmines afin de gérer le déploiement du No. 10 Squadron et de ses appareils, mais cette mission est suspendue en raison du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en septembre, et les Sunderland ainsi que leurs équipages de la RAAF restent en Grande-Bretagne pour servir aux côtés de la RAF[12].
Seconde Guerre mondiale
De Director of Personal Services à AOC No. 9 Operational Group

Le , la RAAF crée le No. 1 Group à Melbourne[13], qui devient le Commandement de la zone sud au début de l'année 1940, avec Joe Hewitt comme senior administration staff officer[2],[14]. Promu au grade de Group captain en , Joe Hewitt est nommé Director of Personal Services (DPS) au quartier général de la RAAF en [1]. Il est fait Officier de l'Ordre de l'Empire britannique le pour ses performances en tant que SASO à Richmond[1],[15]. Décrite par l'auteure Joyce Thompson comme ayant « une formation calviniste et des idées rigides sur la place des femmes dans la société », le DPS Joe Hewitt s'oppose à la création de la Women's Auxiliary Australian Air Force (WAAAF) et préconise par la suite que ses membres soient engagées sur une base contractuelle plutôt que d'être enrôlées ou nommées en tant que personnel permanent de l'armée de l'air[16]. Promu au grade d'air commodore par intérim, il devient Acting Deputy Chief of the Air Staff en [1],[17]. En , il est affecté à l'état-major de l'American-British-Dutch-Australian Command dans les Indes orientales néerlandaises[1]. Joe Hewitt occupe le poste de chef d'état-major adjoint de l'armée de l'air en mars et avril, avant d'être affecté au quartier général des Forces aériennes alliées (AAF HQ) de la zone du Pacifique Sud-Ouest (SWPA), nouvellement créé, en tant que directeur du renseignement[17],[18]. Il noue des relations de travail cordiales avec ses homologues américains au quartier général des Forces aériennes alliées, devenant ainsi un confident de son commandant, le major général George Kenney[19].
En , Joe Hewitt est nommé Air officer commanding (AOC) du No. 9 Operational Group[20]. Principale force de frappe mobile de la RAAF, le No. 9 Group comprend initialement sept squadrons de combat australiens et relève de la cinquième force aérienne des États-Unis[20],[21]. Le mois où il prend ses fonctions, les squadrons de Joe Hewitt sont réorganisés en deux escadres basées en Nouvelle-Guinée : la No. 71 Wing, regroupant les unités de la baie de Milne, en Nouvelle-Guinée, et la No. 73 Wing, regroupant celles de Port Moresby[22]. En mars, le No. 9 Group dirige la contribution de la RAAF à la bataille de la mer de Bismarck, « l'engagement aérien décisif » dans le théâtre d'opérations du Sud-Ouest (SWPA) selon le général Douglas MacArthur, qui abouti au naufrage de 12 navires japonais[23]. Joe Hewitt participe parfois aux opérations à bord de ses équipages, contrairement à la politique du général Kenney qui interdit aux commandants de prendre de tels risques[24].

En , Joe Hewitt se retrouve entraîné dans le conflit personnel qui oppose le Chief of the Air Staff, l'Air Vice Marshal George Jones, et l'AOC du RAAF Command, l'Air Vice Marshal Bill Bostock. Le RAAF Command constitue la principale formation opérationnelle de l'armée de l'air dans le Pacifique, chapeautant 24 squadrons australiens. George Jones, chef administratif et de jure de la RAAF, cherche à étendre son autorité au domaine des opérations en nommant à la place de Bill Bostock un officier « plus responsable », à savoir Joe Hewitt[20],[25]. Le ministre de l'Air, Arthur Drakeford (en), soutient la décision de Jones, mais le Premier ministre John Curtin l'informe que MacArthur, en tant que commandant suprême du SWPA, « insisterait pour que l'AVM Bostock soit remplacé par un officier tout aussi compétent », et que « l'Air Commodore Hewitt… n'était pas considéré comme un remplaçant adéquat »[26]. Joe Hewitt reconnaît les qualités tant de George Jones que de Bill Bostock, et s'efforce de ne pas prendre parti dans leur querelle[27].
Cet épisode n'entraîne aucune modification dans la structure de commandement du Pacifique Sud-Ouest, et Joe Hewitt continue à diriger le No. 9 Group dans sa campagne de bombardements et de mitraillages contre les aérodromes et les voies de communication japonais en Nouvelle-Bretagne, au nord-est de la Nouvelle-Guinée. À la mi-, il établit le quartier général du groupe à Milne Bay et celui de la No. 73 Wing sur l'île de Goodenough. Le , il lance une opération contre l'aérodrome de Gasmata en mobilisant 62 avions issus de cinq de ses squadrons, ce qui constitue la plus grande opération de frappe menée par les Australiens à cette date[28]. C'est principalement grâce au No. 9 Group que la RAAF atteint un pic de 254 tonnes de bombes larguées en octobre, contre 137 tonnes le mois précédent[29]. Le , Joe Hewitt envoie une formation de trois Bristol Beaufort, au milieu d'un violent orage électrique, pour attaquer le port de Rabaul, fortement défendu. Cette opération a été conçue comme un pari décisif visant à prouver la valeur ou l'inutilité du Beaufort en tant que bombardier torpilleur, rôle dans lequel il s'est jusqu'alors révélé décevant ; au cours de ce que l'histoire officielle de la RAAF pendant la Seconde Guerre mondiale a qualifié d'« attaque héroïque », au moins un navire-citerne ennemi a été touché, au prix de la perte d'un Beaufort[30]. La planification et l'exécution de ce raid a donné lieu à un conflit entre Joe Hewitt et le commandant du squadron de Beaufort (en), le wing commander G. D. Nicoll, et Joe Hewitt a démis Nicoll de ses fonctions peu après ; cette décision a été rapidement annulée par l'air vice marshal Jones[1].
D'AOC No. 9 Operational Group à Air Member for Personnel

Bien que Joe Hewitt ait accompli un « excellent travail » selon le major général Ennis Whitehead, commandant de la 5e Force aérienne, il est démis de ses fonctions de manière controversée à la mi- par Jones, suite à des accusations de manque de discipline et de baisse du moral au sein du No. 9 Group[20],[31]. Alan Stephens, historien de la RAAF, a par la suite qualifié les circonstances du licenciement de Joe Hewitt de « nébuleuses » et les allégations qui y ont conduit de non officielles[20]. Drakeford a pris la défense du bilan de service de Joe Hewitt, indiquant au Premier ministre que « cette situation actuelle pourrait être en grande partie, voire entièrement, due à un certain stress physique temporaire provoqué par la pression liée à ses importantes fonctions d'A.O.C. du No. 9 Group »[31]. Joe Hewitt lui-même estimait avoir été calomnié par un ancien officier d'état-major mécontent [19]; l'historienne Kristen Alexander a identifié le wing commander Kenneth Ranger, qui allait jouer un rôle de premier plan dans la « mutinerie de Morotai » de 1945, comme étant à l'origine des allégations concernant le prétendu « manque d'équilibre, la vanité et l'absence d'objectif dans la conduite de la guerre » de Hewitt[32]. Joe Hewitt reprend son ancien poste de Director of Intelligence at Allied Air Headquarters, et l'Air Member of Personnel, l'air commodore Frank Lukis, devient AOC du No. 9 Group en décembre[27]. Le général Kenney considère le départ de Joe Hewitt comme une « mauvaise nouvelle »[20].
Après avoir terminé son mandat de directeur du renseignement au quartier général de l'AAF à la fin de l'année 1944, Joe Hewitt devient Air Member for Personnel (AMP) par intérim en 1945[33]. En tant qu'AMP, Joe Hewitt siège à l'Air Board, l'organe de contrôle de la RAAF composé de ses officiers les plus haut gradés et présidé par le Chief of the Air Staff[34]. Avec les autres membres du conseil d'administration, il examine les conclusions de l'enquête menée par le juge John Vincent Barry sur la « mutinerie de Morotai », au cours de laquelle des pilotes de haut rang de l'Australian First Tactical Air Force (No. 1 TAF) ont tenté de démissionner de leurs fonctions pour protester contre l'affectation des squadrons de chasse de la RAAF à des missions d'attaque au sol sans importance stratégique. Joe Hewitt recommande que l'AOC du No. 1 TAF, l'air commodore Harry Cobby, soit démis de ses fonctions, ainsi que ses deux officiers d'état-major les plus haut gradés. La majorité des membres de l'Air Board ne voient aucune raison de prendre une telle mesure, ce qui conduit Joe Hewitt à joindre une note dissidente à sa décision. Drakeford soutient la position de Joe Hewitt, et les trois officiers supérieurs du No. 1 TAF ont par la suite été démis de leurs fonctions par l'air vice marshal Jones[32].
Carrière d'après-guerre
Démobilisation et rationalisation
La nomination de Joe Hewitt au poste d'Air Member for Personnel est confirmée à titre définitif après la fin de la Seconde Guerre mondiale, en [33]. À ce poste, il est directement chargé de la démobilisation de ce qui est devenu la quatrième force aérienne au monde, ainsi que de sa transition vers une structure de temps de paix nettement plus réduite[33],[35]. Joe Hewitt estime que la RAAF risque de perdre certains de ses meilleurs éléments en raison d'une démobilisation rapide et imprévue, et recommande que ses effectifs soient stabilisés pendant deux ans à un niveau de 20 000 personnes, le temps qu'elle réévalue ses besoins d'après-guerre. Bien que l'Air Board soutient la proposition de Joe Hewitt, les mesures d'économie prises par le gouvernement ont pour conséquence que les effectifs de ce qu'on appelle l'« armée de l'air provisoire » restent inférieurs aux prévisions, tombant à environ 13 000 hommes en , puis à moins de 8 000 à la fin de 1948[36]. Bien qu'il affirme que l'intégration des femmes dans l'armée de l'air a largement contribué à réduire « l'antagonisme et les préjugés » à leur égard dans le monde du travail en général, Joe Hewitt recommande également la dissolution de la WAAAF après la guerre[37].
En tant qu'AMP, Joe Hewitt est chargé d'examiner les candidatures des officiers supérieurs en vue de leur éventuelle incorporation dans l'armée de l'air d'après-guerre. Cette révision conduit à la mise à la retraite anticipée de personnalités telles que l'Air Marshal Williams et les air vice marshals Bostock, Stanley Goble, Frank McNamara, Bill Anderson, Henry Wrigley et Adrian Cole, officiellement afin de permettre l'avancement d'officiers plus jeunes et tout aussi compétents[38],[39]. Joe Hewitt participe à la rédaction des lettres adressées à chacun des retraités, dans lesquelles sont expliquées les raisons de cette décision ainsi que les indemnités de licenciement correspondantes[39]. Il est également chargé de rationaliser la liste des officiers de l'armée de l'air et leur ordre d'ancienneté, qui devient source d'irrégularités en raison des nombreuses promotions temporaires et par intérim accordées en temps de guerre. Cela conduit à la rétrogradation de plusieurs officiers de haut rang, parfois jusqu'à trois échelons, par exemple de group captain à flight lieutenant, dans la première liste d'après-guerre publiée en [40].
Formation au sein de la RAAF et autres activités

Joe Hewitt est à l'origine d'importantes réformes dans le domaine de la formation au sein de l'armée de l'air, mises en œuvre entre 1945 et 1953, et joue un rôle clé dans la création du RAAF College ainsi que dans la mise en place d'un programme de formation en apprentissage. L'objectif de l'école est, selon les propres termes de Joe Hewitt, de « semer les graines du dévouement » chez les futurs dirigeants, contribuant ainsi à forger un esprit de corps particulier au sein de la RAAF. Il ajoute qu'il est « presque une évidence que la future RAAF ne puisse être meilleure que l'Air Force College. »[41]. Fondé à Point Cook en , le RAAF College a pour premier commandant l'air commodore Val Hancock, qui en rédige également la première charte[42]. Avec le soutien du responsable de l'ingénierie et de la maintenance de l'armée de l'air, l'air vice marshal Ellis Wackett, Joe Hewitt met au point le programme de formation en apprentissage visant à rehausser le niveau des postes techniques au sein de l'armée de l'air, et la lance en menant une campagne de communication à l'échelle nationale afin d'attirer de nouvelles recrues. Il a pour siège l'École de formation au sol, qui ouvre ses portes à Wagga, en Nouvelle-Galles du Sud, au début de l'année 1948, afin d'offrir un enseignement et une formation technique aux jeunes âgés de 15 à 17 ans. Il est rebaptisé RAAF Technical College en 1950, puis RAAF School of Technical Training en 1952[43].
Parallèlement à ses initiatives dans le domaine de l'éducation et de la formation, Joe Hewitt met en place un système révisé de classement du personnel navigant, composé de catégories de compétences à plusieurs niveaux, telles que « navigateur niveau 4 » ou « pilote niveau 1 », plutôt que des grades militaires classiques comme sergent ou flight lieutenant. Ce système est abandonné en 1950 en raison du mécontentement suscité par l'absence d'équivalence évidente entre ces « grades » spécialisés et le système de grades traditionnel en vigueur dans le reste de la RAAF et dans les autres forces de défense[44]. À l'issue de son mandat d' Air Member for Personnel en 1948, il est affecté à Londres en tant que représentant de la Défense australienne[2]. Promu entre-temps au grade d'air vice marshal, Joe Hewitt est fait Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique lors des New Year Honours de 1951, notamment pour avoir dirigé le No. 9 Group pendant la guerre[1],[45]. De retour de Grande-Bretagne la même année, il succède au poste d'Air Member for Supply and Equipment (AMSE) à l'air vice marshal George Mackinolty, mort subitement d'un cancer[46],[47]. Joe Hewitt occupe le poste d'AMSE jusqu'à son départ à la retraite de la RAAF en [3],[47]. À ce poste, il collabore de nouveau avec l'air vice marshal Wackett — alors Air Member for Technical Services — afin de mettre en place le concept d'acquisition de pièces de rechange basé sur la « durée de vie du type » : selon ce principe, le nombre et le type de pièces de rechange nécessaires pour la durée de vie prévue d'un aéronef sont commandés dès son premier déploiement opérationnel, ce qui permet de réduire les coûts de maintenance et les délais de livraison[48].
Dernières années et mort
Après avoir pris sa retraite de l'armée de l'air en 1956, Joe Hewitt rejoint International Harvester Co. Australia en tant que responsable de l'éducation et de la formation. Il devient administrateur de Services Canteen Trust la même année, fonction qu'il occupe jusqu'en 1977. Après avoir pris sa retraite d'International Harvester en 1966, Joe Hewitt se lance dans l'écriture sur le tard et publie deux ouvrages consacrés à son expérience militaire[2]. Le premier, intitulé Adversity in Success, est publié en 1980 et présente son récit de la guerre aérienne dans le sud-ouest du Pacifique. Il enchaîne en 1984 avec The Black One. Joe Hewitt occupe également les fonctions de président-directeur général de sa propre maison d'édition, Langate Publishing[3],[2]. Précédé dans la mort par son épouse Lorna, il meurt à Melbourne le , laissant derrière lui ses filles[1].
Description et postérité
Joe Hewitt est décrit comme un « petit homme élégant »[3], « au franc-parler, voire « arrogant » »[19].
L'historien Alan Stephens attribue à Joe Hewitt le mérite d'être le principal artisan de la « révolution éducative » qui s'est déroulée au sein de la RAAF entre 1945 et 1953, soulignant que les initiatives prises par Joe Hewitt lorsqu'il occupait le poste d'Air Member for Personnel ont été poursuivies par son successeur à ce poste, l'air vice marshal Frank Bladin[49]. Selon Stephens et Jeff Isaacs, « on ne saurait trop insister » sur l'importance du RAAF College et du programme de formation en apprentissage dans le renforcement du professionnalisme des forces armées de l'après-guerre[3]. L'air vice marshal Ernie Hey, Air Member for Technical Services de 1960 à 1972, a déclaré que le programme d'apprentissage était « l'une des meilleures initiatives » jamais mises en place par la RAAF et que ses diplômés — au nombre d'environ 5 500 entre 1952 et 1993 — étaient « absolument exceptionnels »[50]. Le récif Hewitt, situé dans le parc marin de la Grande Barrière de Corail, lui rend hommage. Il a été baptisé ainsi en son honneur par l'équipe de relevés topographiques à bord du HMAS Moresby, avec laquelle il avait travaillé en tant que membre de la No. 101 Flight entre 1926 et 1928[8]. Il a également créé un trophée portant son nom, destiné à récompenser la maîtrise des armes légères au sein de l'Armée de l'air[51],[52].
Publications
- (en) J. E. Hewitt, Adversity in Success, South Yarra, Victoria, Langate Publishing, (ISBN 978-0-9594622-0-3, lire en ligne
). - (en) J. E. Hewitt, The Black One, South Yarra, Victoria, Langate Publishing, (ISBN 978-0-9594622-1-0).
Décoration
Notes et références
- Funnell 2007.
- Draper 1985, p. 409.
- Stephens et Isaacs 1996, p. 97-99.
- ↑ Gillison 1962, p. 23-24.
- ↑ Stephens 2006, p. 34.
- ↑ The London Gazette mai 1925.
- ↑ The London Gazette septembre 1925.
- Coulthard-Clark 1991, p. 408-411.
- ↑ Coulthard-Clark 1991, p. 218.
- ↑ Wilson 2003, p. 27.
- ↑ Wilson 2003, p. 51.
- ↑ Coulthard-Clark 1991, p. 150.
- ↑ Gillison 1962, p. 67.
- ↑ Gillison 1962, p. 92.
- ↑ The London Gazette 1940.
- ↑ Thomson 1991, p. 58-59.
- Ashworth 2000, p. 295.
- ↑ Gillison 1962, p. 473.
- Dennis et al. 2008, p. 259.
- Stephens 2006, p. 122-123.
- ↑ Odgers 1968, p. 6.
- ↑ Odgers 1968, p. 23-24.
- ↑ Stephens 2006, p. 160-165.
- ↑ Ashworth 2000, p. 211.
- ↑ Helson 2006, p. 122-126.
- ↑ Odgers 1968, p. 16-18.
- Ashworth 2000, p. 210-211.
- ↑ Odgers 1968, p. 33-35.
- ↑ Odgers 1968, p. 93-95.
- ↑ Odgers 1968, p. 100-102.
- Odgers 1968, p. 102-103.
- Alexander 2004.
- Helson 2006, p. 224.
- ↑ Stephens 2006, p. 112.
- ↑ Stephens 2006, p. 170-171.
- ↑ Stephens 2006, p. 176-179.
- ↑ Stephens 1995, p. 335.
- ↑ Stephens 1995, p. 22-24.
- Helson 2006, p. 234-239.
- ↑ Stephens 1995, p. 24-25.
- ↑ Stephens 2006, p. 186.
- ↑ Stephens 1995, p. 120-123.
- ↑ Stephens 1995, p. 129-131.
- ↑ Stephens 1995, p. 92-95.
- ↑ The London Gazette 1950.
- ↑ Stephens et Isaacs 1996, p. 104-107.
- Stephens 1995, p. 500.
- ↑ Stephens 1995, p. 182.
- ↑ Stephens 1995, p. 118.
- ↑ Stephens 2006, p. 191-192.
- ↑ The Canberra Times 1953.
- ↑ The Age 1960.
Bibliographie
- [Ashworth 2000] (en) Norman Ashworth, How Not to Run an Air Force! Volume 1 - Narrative, Canberra, RAAF Air Power Studies Centre, (ISBN 978-0-642-26550-0, lire en ligne [PDF]).
- [Coulthard-Clark 1991] (en) Chris Coulthard-Clark, The Third Brother, North Sydney, Allen & Unwin, (ISBN 978-0-04-442307-2, lire en ligne [PDF]).
- [Dennis et al. 2008] (en) Peter Dennis, Jeffrey Grey, Ewan Morris et Robin Prior, The Oxford Companion to Australian Military History, South Melbourne, Victoria, Oxford University Press, (1re éd. 1995) (ISBN 978-0-19-551784-2).
- [Funnell 2007] (en) Ray Funnell, « Joseph Eric Hewitt (1901-1985) », dans Australian Dictionary of Biography, vol. 17, (lire en ligne).
- [Gillison 1962] (en) Douglas Gillison, Australia in the War of 1939-1945: Series Three (Air) Volume I - Royal Australian Air Force 1939-1942, Canberra, Australian War Memorial, (OCLC 2000369, lire en ligne).
- [Helson 2006] (en) Peter Helson, Ten Years at the Top (thèse), Sydney, Université de Nouvelle-Galles du Sud, (OCLC 225531223, lire en ligne).
- [Odgers 1968] (en) George Odgers, Australia in the War of 1939-1945: Series Three (Air) Volume II - Air War Against Japan 1943-45, Canberra, Australian War Memorial, (1re éd. 1957) (OCLC 1990609, lire en ligne).
- [Stephens 1995] (en) Alan Stephens, Going Solo: The Royal Australian Air Force 1946-1971, Canberra, Australian Government Publishing Service, (ISBN 978-0-644-42803-3, lire en ligne).
- [Stephens 2006] (en) Alan Stephens, The Royal Australian Air Force: A History, South Melbourne, Oxford University Press, (1re éd. 2001) (ISBN 978-0-19-555541-7).
- [Stephens et Isaacs 1996] (en) Alan Stephens et Jeff Isaacs, High Fliers: Leaders of the Royal Australian Air Force, Canberra, Australian Government Publishing Service, (ISBN 978-0-644-45682-1).
- [Thomson 1991] (en) Joyce Thomson, The WAAAF in Wartime Australia, Melbourne, Melbourne University Press, (ISBN 978-0-522-84525-9).
- [Wilson 2003] (en) David Wilson, The Eagle and the Albatross: Australian Aerial Maritime Operations 1921-1971 (thèse), Sydney, Université de Nouvelle-Galles du Sud, (lire en ligne).
Périodiques
- [Draper 1985] (en) W. J. Draper, « Who's Who in Australia 1985 », The Herald and Weekly Times, Melbourne, (ISSN 0810-8226).
- [The Canberra Times 1953] (en) « Air weapons contest at Canberra », The Canberra Times, Canberra, , p. 2 (lire en ligne, consulté le ).
- [The Age 1960] (en) « RAAF holds trophy shoot », The Age, Melbourne, , p. 5 (lire en ligne, consulté le ).
The London Gazette
- [The London Gazette mai 1925] (en) « GENERAL DUTIES BRANCH », The London Gazette, no 33048, , p. 3382 (lire en ligne).
- [The London Gazette septembre 1925] (en) « nc (colonne 1) », The London Gazette, no 33087, , p. 6206 (lire en ligne).
- [The London Gazette 1940] (en) « CENTRAL CHANCERY OF THE ORDERS OF KNIGHTHOOD (colonne 1) », The London Gazette, no 34893, , p. 4254 (lire en ligne).
- [The London Gazette 1950] (en) « CENTRAL CHANCERY OF THE ORDERS OF KNIGHTHOOD (2/3) », The London Gazette, no 39105, , p. 36 (lire en ligne).
Liens externes
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- [Alexander 2004] (en) Kristen Alexander, « 'Cleaning the augean stables'. The Morotai Mutiny? », sur Sabretache, Military Historical Society of Australia,
Content Disclaimer
Informasi ini disarikan dari Wikipedia dan disajikan kembali untuk tujuan edukasi. Konten tersedia di bawah lisensi CC BY-SA 3.0. Kami tidak bertanggung jawab atas ketidakakuratan data yang bersumber dari kontribusi publik tersebut.
- The information displayed on this website is sourced in part or in whole from Wikipedia and has been adapted for the purpose of restating it. We strive to provide accurate and relevant information, however:
- There is no guarantee of absolute accuracy. Wikipedia is an open, collaborative project that can be edited by anyone, so information is subject to change.
- It is not intended to constitute professional advice. The content displayed is for informational and educational purposes only. For important decisions (e.g., medical, legal, or financial), please consult a professional.
- Content copyright. Wikipedia is licensed under the Creative Commons Attribution-ShareAlike License (CC BY-SA). This means that content may be reused with appropriate attribution and shared under a similar license.
- Responsible use. Any risk arising from the use of information from this website is entirely the responsibility of the user.