Finistère
Pour les articles homonymes, voir Cap Finisterre et Penn-ar-Bed.
| FinistèrePenn-ar-Bed | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Bretagne |
| Création du département | |
| Chef-lieu (Préfecture) |
Quimper |
| Sous-préfectures | Brest Châteaulin Morlaix |
| Président du conseil départemental |
Maël de Calan (SL) |
| Préfet | Louis Le Franc[1] |
| Code Insee | 29 |
| Code ISO 3166-2 | FR-29 |
| Code Eurostat NUTS-3 | FR522 |
| Démographie | |
| Gentilé | Finistérien |
| Population | 933 455 hab. (2023 |
| Densité | 139 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 48° 15′ nord, 4° 00′ ouest |
| Superficie | 6 733 km2 |
| Subdivisions | |
| Arrondissements | 4 |
| Circonscriptions législatives | 8 |
| Cantons | 27 |
| Intercommunalités | 21 |
| Communes | 277 |
| Liens | |
| Site web | www.finistere.fr |
| modifier |
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Le Finistère (/fi.nis.tɛʁ/[2] ⓘ ; en breton : Penn-ar-Bed, /ˌpɛnarˈbeːt/[3]) est un département français situé en région Bretagne. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 29.
Quimper, la deuxième agglomération du Finistère, en est le chef-lieu, et Brest (première agglomération), Morlaix et Châteaulin, respectivement premier, troisième et quatrième arrondissements, en sont les sous-préfectures.
Toponymie
Le Finistère tire son nom (littéralement « fin de la terre ») de sa localisation géographique[4] ; selon l'« Annuaire statistique du département du Finistère pour l'an XII de la République », le département doit son nom à l'abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre, dite en latin « Sanctus Mattheus finis terræ » ou « in finibus terræ »[5] (soit « Saint-Mathieu du bout du monde ») ; ceci est confirmé par Pol Potier de Courcy qui précise que la suppression d'un « r » dans le mot est liée à la volonté d'éviter une confusion avec le cap Finisterre (Galice).
En breton, on nomme ce département « Penn-ar-Bed ». En breton, le mot « penn », qui peut signifier tout à la fois « tête » et « bout », s'utilise à toutes les sauces. Le Finistère se dit ainsi Penn ar Bed, c'est-à-dire le bout du monde (ou son commencement, question de point de vue)[6].
Pour contrebalancer l'impression de « bout du monde » que le nom français peut susciter, et se rapprocher du nom breton, un slogan a été inventé en 2011, devenu une marque commerciale : « Tout commence en Finistère »[7].
Géographie

Le Finistère est situé à l'extrémité ouest de la Bretagne[8].
Il est bordé au nord, à l'ouest et au sud par la Manche, la mer Celtique et l'océan Atlantique[9].
Premier département côtier de France, il compte 117 communes littorales sur 282, soit plus d'un dixième des communes littorales françaises, et 2 263 km de côtes[10], selon une mesure réalisée en 2022 par le Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM) conclut même, grâce à de nouveaux appareils de mesure d'une précision de 5 mètres[11], soit plus de 10 %[12] du littoral français.
La côte se divise en caps : cap Sizun[13] ; en baies : rade de Brest[14], baie de Douarnenez, baie d'Audierne[15], baie de Concarneau[16], en presqu'îles : presqu'île de Crozon[17] et en rias : Laïta[18], Aven[19], Bélon[20], Odet[21], Aber Wrac'h[22], rivière de Morlaix[23].
La zone marine à l'ouest du Finistère se nomme mer d'Iroise[24].
- Paysages du Finistère :
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La pointe de Penmarch, dans le sud-ouest.
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La rivière de Pont-l'Abbé, dans le sud-ouest.
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Le mont Saint-Michel de Brasparts depuis Glujau Ti Riou en Saint-Rivoal.
Climat

- >1 500 mm
- 1 400 à 1 500 mm
- 1 300 à 1 400 mm
- 1 200 à 1 300 mm
- 1 100 à 1 200 mm
- 1 000 à 1 100 mm
- 900 à 1 000 mm
- 800 à 900 mm
- < 800 mm
Le climat du Finistère présente les caractéristiques d'un climat tempéré océanique sous l'influence du Gulf Stream et des perturbations atlantiques.
Relief et géologie


D'un point de vue géologique[Note 1], le Finistère appartient au Massif armoricain. Il est séparé en trois domaines distincts (domaines Nord – Centre – Sud – Armoricains), séparés par des zones de cisaillement majeures : le cisaillement Nord-Armoricain (au nord) et le cisaillement Sud-Armoricain (au sud). Il est constitué essentiellement d'un socle cadomien (schisto-gréseux au centre et correspondant à la presqu'île de Crozon et au bassin de Châteaulin, granitique et gneissique au nord et au sud et correspondant au plateau du Léon et de Cornouaille, les deux avancées majeures du département vers l'ouest) et d'une couverture paléozoïque étagée du Cambrien au Carbonifère, soumise à des déformations hercyniennes et des intrusions granitiques[25].
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Carte géologique du Finistère.
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Le Roc'h Trevezel, un des sommets des monts d'Arrée.
Hydrographie
Le réseau hydrographique a une longueur totale de 6 500 km[26].
Le département est drainé par l'Ellé[27], l'Aulne[28], l'Aven, le Bélon, le Moros[29], l'Odet[30], la rivière de Pont-l'Abbé[31], le Goyen[32], l'Élorn[33], l'Aber-Benoît[34], la Penzé[35], le Douron[36].
-
Le Finistère est entièrement dans le bassin DCE Loire-Bretagne.
-
Carte de l'ensemble du réseau hydrographique du Finistère.
Histoire
Préhistoire

L'ancienne grotte marine de Menez Dregan contient des traces datant du Paléolithique inférieur[37].
Des outils datant de l'Acheuléen ont été trouvés[38].
Des traces du Mésolithique ont été trouvés[39].
Au Néolithique se développe une population sédentaire[40].
L'âge du bronze est fortement représenté au Finistère[41],[42],[43].
À l'âge du fer l'agriculture sur brûlis est pratiquée, comme l'illustre les souterrains retrouvés, des chambres creusées dans le sol, servant probablement de refuge pour les hommes et la conservation des denrées, comme celui de Tréglonou[44].
Antiquité
À l'époque antique, le Finistère était habité par le peuple gaulois armoricain des Osismes (Celtes). Après la conquête romaine, le territoire relevait de la province de Gaule lyonnaise. Le chef-lieu des Osismes fut installé à « Vorgium » (l'actuelle Carhaix). Pendant l'époque gallo-romaine l'actuel Finistère fut en bonne partie défriché, des voies romaines construites (reliant notamment les principales cités comme « Vorgium », « Vorganium », « Gesocribate », « Civitas Aquilonia », Douarnenez, [...]), des « villæ » construites, certaines luxueuses (par exemple le site antique du Pérennou en Plomelin ou celui de Keradennec[45] en Saint-Frégant), d'autres plus modestes (par exemple Valy-Cloistre[46] en La Roche-Maurice), des centres de fabrication du « garum » aménagés (par exemple aux Plomarc'h en Douarnenez, ainsi qu'en plusieurs autres endroits du littoral de la baie de Douarnenez). Des gisements miniers étaient aussi exploités comme l'étain à Saint-Renan, le plomb argentifère au Huelgoat et à Poullaouen, l'or dans la forêt du Névet ou encore le fer en divers endroits, notamment à Kermoysan[47] en Quimper.
Au cours du IIIe siècle la plupart des villas gallo-romaines furent détruites en raison de l'instabilité politique ; les pièces les plus récentes trouvées dans les nombreux trésors monétaires enfouis datent des environs de 280 (de 273 pour celui trouvé à Morgat[48]) ; un « castrum » fut construit à Brest à la fin du IIIe siècle pour se protéger des pirates scots, saxons et frisons. Un siècle plus tard, il fera partie du système de défense et de contrôle de la Manche mis en place par le gouvernement impérial, le « Tractus Armoricanus et Nervicanus ».
Haut Moyen Âge
Le territoire est occupé par les Osismes[49].
Les migrants venant d'outre-Manche développent un ensemble d'institutions se démarquant du reste de la Gaule[50]. Les clans bretons reconstituent en Armorique les solidarités claniques préexistantes dans l'île de Bretagne, avec à la clef la création de trois royaumes plus ou moins légendaires : Domnonée, Cornouaille, et Broërec, dont les histoires sont mal connues faute de sources[51]. L'évangélisation des campagnes commence véritablement au Ve siècle. Pays d'habitat dispersé, la Bretagne du haut Moyen Âge montre déjà un certain encellulement ecclésiastique[52] qui reposera au Moyen Âge central sur la mise en place d'un réseau de paroisses et de ses subdivisions (quartiers[53], trèves, frairies dont les chapelles permettent notamment aux fidèles d'assister aux offices sans avoir à se déplacer à pied jusqu'à l'église paroissiale qui dessert souvent un vaste secteur ecclésiastique)[54],[55] ; la trace de ce réseau est encore présente dans les toponymes contemporains en « Plou- », « Lan- », ou « Loc- ». De nombreux moines formés au pays de Galles[56], notamment venant du monastère de Llantwit, parcourent le pays et y diffusent un christianisme celtique. C'est parmi ces ecclésiastiques immigrés que s'est forgée plusieurs siècles plus tard la légende des Sept saints fondateurs de la Bretagne[57]. À la même époque se met en place la frontière linguistique bretonne. La langue des nouveaux arrivants, rattachée au groupe brittonique du sud-ouest, se répand vers l'est, jusqu'aux confins des pays rennais et nantais, donnant naissance au vieux breton ; au-delà d'une ligne allant de Dol de Bretagne à Donges, le latin vulgaire demeure la seule langue vernaculaire[50]. Les migrations inter-Manche s'accentuent après la défaite des Bretons insulaires lors de la bataille de Dyrham en 577, qui a pour effet de séparer les possessions bretonnes du pays de Galles, de Cornouailles et du Devon[58]. Avec celles-ci, reflet de ces défaites, la légende arthurienne se diffuse sur le Continent[51].
Entre 1154 et 1189, Henri II Plantagenêt règne sur la Normandie, le comté d'Anjou et l'Angleterre. De par son mariage avec Aliénor d'Aquitaine, il contrôle aussi l'Aquitaine. La Bretagne se trouve au centre de cet immense territoire. Les vicomtes de Léon font face à l'emprise des Plantagenêts et se révoltent sans succès au moins six fois à partir de 1167. À chaque révolte, Henri II d'Angleterre vient en personne ou délègue son armée pour mater le comte de Léon. En 1180, le combat est définitivement perdu et la vicomté de Léon est démantelée[59].
Moyen Âge tardif
En , pendant la guerre de succession de Bretagne et sentant que le verdict serait en faveur de Charles de Blois, proche parent du roi, Jean de Montfort, convoque les grands vassaux bretons pour se faire reconnaître comme duc, mais la majorité ne vient pas (beaucoup d'entre eux ont aussi des possessions en France qu'ils risqueraient de se voir confisquer s'ils s'opposaient au roi)[60]. Dans les mois qui suivent (juin–juillet), il effectue une grande chevauchée dans son duché pour s'assurer le contrôle des places fortes (Quimperlé, Quimper et Brest) avant de rentrer à Nantes[61].
Charles de Blois assiége et prend Quimper en 1344[62].
Le diocèse de Cornouaille était sous l'Ancien Régime beaucoup plus étendu que la Cornouaille actuelle. Il s'étendait sur environ 5900 km² et correspondait, en population, à la moitié de la Bretagne bretonnante. Les distances d'un bout à l'autre de l'évêché étaient considérables. Les territoires situés dans l'enclave située entre Saint-Brieuc et Vannes relevaient des juridictions ducales de Ploërmel et de Saint-Brieuc. Ces limites ont été fixées au IXe siècle lors de l'évangélisation du territoire. Le diocèse était divisé en deux archidiaconés : celui de Cornouaille au sud des montagnes Noires comptait 79 paroisses et 23 trèves, tandis que celui de Poher au nord comptait 94 paroisses et 68 trêves[63].
Au cours du XVe siècle, le commerce avec Anvers, premier port d'Occident, et au-delà avec la Hanse, devient très important. Les navires de Lübeck ont trouvé dans le Léon un débouché très spécialisé. Le lin cultivé, unique ressource pour fabriquer les toiles et le linge, y dégénère en effet en épuisant les sols, au point qu'il faut une rotation septennale pour que la graine retrouve une qualité suffisante. L'importation de graines de lin est donc une opération à 700 %. En revanche, le lin qui fleurit abondamment et naturellement en Lituanie, l'actuelle Biélorussie, où il est récolté à la fin de l'été, est d'une qualité constante. Les marchands de Lübeck chargent à l'automne les graines de ce lin dans le port de Liepāja[64]
L'importance de la plus value relative attendue dans l'affaire amène les bourgeois de Morlaix à constituer une corporation, la « Confrérie de la Sainte Trinité », qui prolonge le monopole, contrôle la qualité de la graine et délivre un certificat de qualité en apposant sa marque. L'opération est confiée à un « juge des requaires », dont le bureau se trouve à Roscoff. Ce juge fait distribuer par des commissionnaires les graines certifiées à des paysans du Haut-Léon, à charge pour eux de produire une toile de lin, la « rosconne ». Les graines sont replantées, les tiges de lin sont récoltées au printemps suivant par le même paysan ouvrier, qui transforme la fibre dans son propre atelier de rouissage et de tissage. Toutes celles des parties de l'arrière-pays qui sont impropres à la culture du blé se convertissent peu à peu durant la seconde moitié du XVe siècle et forment une zone de production spécialisée, la manufacture toilière des crées du Léon[65].
Dès le XIVe siècle, le chanvre fleurit à peu près partout dans la région de Locronan. De cette production naît une industrie de la toile à voile, favorisée au départ par la proximité de Pouldavid[66], l'ancien port de Douarnenez, qui va faire prospérer la petite cité où s'installent de nombreux tisserands et marchands. La renommée des toiles issues de la manufacture de Locronan[67], vendues sous le nom d'« olonnes » (les bateaux allant chercher le sel emportaient des toiles pour les vendre à La Chaume-d'Olonne et à Saint-Gilles-d'Olonne) sur les côtes du Bas-Poitou « Vendée actuelle », vont vite traverser les frontières et même les océans. Elles équipent les navires de la Marine Royale et de la Compagnie française des Indes orientales, mais les commandes proviennent aussi des marines étrangères[68]. La toile à voile de Locronan aurait ainsi équipé l'Invincible Armada espagnole[69].
Les villes aussi s'entourent de fortifications ou renforcent les murailles existantes comme à Concarneau[70] et Quimper[71].
La fin du Moyen Âge voit aussi l'implantation des ordres mendiants, par exemple les Dominicains à Quimperlé[72].
Temps modernes
Pendant le règne de Louis XIV, Sébastien Le Prestre de Vauban fait construire plusieurs forts[73].
Au XVIe siècle principalement, la région a connu une période de grande prospérité grâce à l'activité toilière (Locronan). Le lin a enrichi les juloded, ce qui suscita la création des enclos paroissiaux (par exemple ceux de Saint-Thégonnec et de Guimiliau). Cette prospérité décline à la fin du XVIe siècle en raison des dévastation liées aux guerres de religion[Note 2] et au brigandage (Guy Éder de la Fontenelle, Anne de Sanzay de la Magnane, [...]) et à la peste et ce déclin se poursuit au XVIIe siècle en raison de la perte du marché anglais lié au protectionnisme croissant et aux guerres, la plupart contre les Anglais[Note 3], ainsi qu'à des épidémies propagées le plus souvent à partir des ports, par exemple l'épidémie de typhus de 1757 surnommée « le mal de Brest ».
À l'époque se développe l'activité minière (mines de plomb argentifère de Poullaouen[74] et du Huelgoat[75]), et papetière[76].
Vers 1680, le Léon, en Bretagne, est la deuxième région toilière de France après Rouen, sa production atteignant 80 000 pièces de toile (20 000 vers 1600)[77].
Les remparts de Brest sont de 1681 à 1694[78].
Le futur département compte de nombreuses tanneries[79].
Au XVIIIe siècle, l'arsenal de Brest importe du bois de toute l'Europe[80],[81].
La Manufacture royale de tabacs de Morlaix est construite entre 1736 et 1740[82].
La majeure partie des paysans dépend des seigneurs qui ont la propriété de la plupart des terres et louent les terres en fermage ou en métayage, ou par des systèmes plus originaux comme le domaine congéable[Note 4] ou la quévaise.
Le clergé, qui dépendait de l'un ou l'autre des deux évêchés de Léon et de Cornouaille (quelques paroisses dépendant de l'évêché de Tréguier dans le Nord-Est du futur département), était très nombreux : Alain Croix recense 61 prêtres pour 4 paroisses du Léon en 1665, chacune ayant recteur, curé, vicaires et prêtres habitués[Note 5].
Importance de la marine
La marine de commerce du futur Finistère a connu son âge d'or aux XVe siècle et XVIe siècle, les marins naviguant de la mer Baltique jusqu'à la mer Méditerranée et les Canaries ; par exemple en 1589–1590, sur 234 navires bretons fréquentant le port de Bordeaux, 198 sont « finistériens » (80 d'Audierne, 55 de Penmarc'h, 18 de l'Aber-Ildut, 12 de Brest, 10 du Conquet, [...]) ; presque un siècle plus tard, en 1661, parmi les navires fréquentant le même port, 194 venaient d'Audierne, 122 de l'Aber-Ildut, 24 de Landerneau, 20 de Brest, 18 de Roscoff, [...]). Vers le nord, par exemple, 50 navires de Pempoul (le port de Saint-Pol-de-Léon) et de Roscoff sont enregistrés à Arnemuiden (un des avant-ports d'Anvers) en 1533–1534 et des navires de ces ports vont jusqu'au Brésil en 1527 et jusqu'au détroit du Sund à partir de 1583. Mais cette prospérité prend fin à la fin du XVIe siècle en raison des ravages des guerres de la Ligue, puis de la concurrence hollandaise, même si certains ports, Morlaix notamment, restent prospères pendant le XVIIe siècle. Le déclin s'accentue au XVIIIe siècle en raison des guerres avec l'Angleterre, alors « maîtresse des mers », même si des navires corsaires et d'autres faisant de la contrebande maintiennent une activité maritime[83].
Les corsaires furent nombreux, dès la fin du XVe siècle (Jean Coatanlem), au XVIe siècle (Nicolas Coatanlem), surtout au XVIIIe siècle, principalement à Morlaix (Charles Cornic, Nicolas Authon), à Saint-Pol-de-Léon (Jean Sioc'han de Kersabiec[Note 6]).
Plusieurs explorations partent de Brest (c'est le cas de l'expédition de La Pérouse[84]).
L'École de voile des Glénans est fondée afin de permettre à d'anciens résistants de réapprendre la vie civile[85].
Le Finistère possède le centre nautique de Port-la-Forêt possède un centre nautique[86], les ports de plaisance du Moulin-Blanc[87] et du Château à Brest[88].
Les sports de glisse ont de nombreux « spots » dans le Finistère, dont celui de la pointe de la Torche[89].
Le Finistère possède des centres de recherche liés à la mer : la Station de biologie marine de Concarneau[90], la Station biologique de Roscoff[91], IFREMER[92], l'Institut polaire français Paul-Émile-Victor[93] et le Centre de documentation de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE)[94].
La préfecture maritime de Brest est compétente pour la zone maritime de l'Atlantique qui s'étend sur le littoral du Mont-Saint-Michel à la frontière espagnole[95].
Le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS Corsen) surveille la navigation du Mont-Saint-Michel à la pointe de Penmarch. Il dispose, pour assurer cette mission, de moyens de détection importants installés sur l'Île d'Ouessant à la tour du Stiff[96].
Révolution française
Le , à Versailles, les députés du tiers état de Bretagne, parmi lesquels Le Chapelier, Lanjuinais, Coroller et Defermon, se réunissent pour débattre ensemble de leur attitude cinq jours avant l'ouverture des États généraux. C'est l'origine du Club breton, qui devient le Club des Jacobins[97].
La création du département

Le département est créé lors de la Révolution française, le en application du décret du 22 décembre 1789, à partir de la partie la plus occidentale de l'ancienne province de Bretagne (il est d'ailleurs provisoirement nommé « Côtes-de-l'Ouest »). Renommé Finistère, sûrement en référence à l'abbaye de Fine-Terre[98], il portait le no 28 dans la liste des départements, étant donné que les Alpes-Maritimes n'étaient pas encore un département français. Il comprend l'ouest de l'évêché de Cornouaille, l'intégralité du Léon et le tiers ouest du Trégor (le Trégor finistérien), ainsi qu'un petit bout du Broërec ou Vannetais : communes de Rédené, Arzano et Guilligomarc'h situées à l'est de Quimperlé. Par ailleurs, le département s'est agrandi en 1857, aux dépens du département voisin du Morbihan, en annexant la commune de Locunolé. Ce sera l'unique modification territoriale du département, après sa création, bien que d'autres communes réclament en vain leur rattachement au Finistère pour des raisons à la fois géographiques, linguistiques et historiques. Ce sera notamment le cas des communes de l'ancienne sénéchaussée de Gourin : Gourin, Le Faouët, Guiscriff, [...], qui dépendaient sous l'Ancien Régime de l'évêché de Cornouaille. La création du département ne s'est pas faite sans heurts, notamment pour le choix du chef-lieu, les trois villes de Landerneau, Quimper et Carhaix s'étant portées candidates[99].
Si la candidature de Carhaix fut rapidement éliminée (ville trop petite et trop excentrée), Landerneau fut choisie dans un premier temps le en raison du poids économique du Léon (la Cornouaille était alors beaucoup plus pauvre) et de sa proximité avec Brest (laquelle, choisie comme préfecture maritime ne pouvait pas être choisie comme préfecture départementale), mais Quimper finit par l'emporter, sous la pression notamment du député du clergé Denis Bérardier[100].
Le Finistère est divisé en 9 districts dont les chefs-lieux sont les sièges des anciens tribunaux (Brest, Lesneven, Landerneau, Morlaix, Carhaix, Châteaulin, Quimper, Quimperlé et Pont-Croix)[101].
Les districts furent supprimés en 1800 et remplacés par les arrondissements (Brest, Quimper, Morlaix, Châteaulin, Quimperlé sont chefs-lieux d'arrondissement[102].
L'arrondissement de Quimperlé est supprimé en 1926[103].
Période révolutionnaire
En représailles à la politique révolutionnaire, les Anglais imposent un blocus de Brest de 1793 à 1805[104].
Guy Le Guen de Kerangal, député du tiers-état aux États généraux, participe à l'abolition des privilèges seigneuriaux[105].
En a lieu le procès de 30 administrateurs finistériens, qui s'étaient montrés trop partisans des Girondins au moment où les Montagnards, menés par Robespierre, allaient s'emparer du pouvoir. À l'exception de 4 Quimperlois, tous ont été guillotinés à Brest le par ordre de André Jeanbon Saint-André et Prieur-de-le-Marne[106].
En 1789 si les villes de Brest, Quimper et Morlaix furent favorables à la Révolution, du moins à ses débuts, les campagnes se déclarèrent rapidement contre le nouveau gouvernement, surtout après les décrets concernant les prêtres réfractaires[107] et la levée en masse[108].
Des révoltes se produisent (bataille de Kerguidu[109], combat de Plabennec[110], combat de Saint-Pol-de-Léon[110], révolte de Fouesnant[111]).
Le département fut représenté à la Fête de la Fédération ; une compagnie de volontaires, dite la division du Finistère, participa à la chute de Louis XVI en participant à la prise des Tuileries le . Ces « fédérés du Finistère », qui étaient en tout 154 (dont 97 brestois et 29 quimpérois), furent 140, intégrés à la section des Gobelins (laquelle prit ensuite le nom de « section du Finistère »), à y participer[112].
Le , le Directoire du département, qui soutient les Girondins, décide d'envoyer une force armée de 600 hommes (en fait 279 hommes partiront) à Paris pour maintenir l'ordre et s'opposer aux menées des Enragés et des Sans-culottes[113].
La région de Quimperlé fut attaquée par des Chouans venus du Morbihan en , avec parmi leurs chefs Alexandre de Poulpiquet, dit « Sans-Quartier », réputé particulièrement cruel. La bande de Chouans de Jean François Edme Le Paige de Bar commet aussi de nombreuses exactions dans le département. D'autres chefs chouans sont aussi d'origine finistérienne comme le chevalier de Tinténiac, Marie-Hyacinthe de Geslin, ou encore Claude-René Guezno de Penanster. Le , Yves Marie Audrein, évêque de Quimper et ancien député de la Convention, fut assassiné par des Chouans[114].
Le XIXe siècle
Les difficultés économiques
Une grave crise des subsistances frappa la plupart des Finistériens pendant toute la première moitié du XIXe siècle, pendant l'Empire (en raison du blocus continental), mais elle se prolongea entre 1816 et 1818 en raison d'une météo calamiteuse ; la période 1845–1848 fut aussi catastrophique en raison du mauvais temps qui entraîna de mauvaises récoltes de céréales et de pommes de terre, seul le blé noir obtenant une récolte acceptable ; la misère entraîna une augmentation de la mortalité et de la mendicité[115].
La mendicité représentait alors un caractère quasi institutionnel ; on a parlé de « mendiantisme » : « Aucune humiliation ne s'attache à la position de mendiant ([...]). Le mendiant est sacré pour la famille ([...]) [ce] qui lui assure une place au foyer domestique ([...]). L'aumône est presque toujours donnée en nature », écrit le Conseil général du Finistère en 1840[116].
Le maintien des traditions

En 1827, le préfet du département écrit : « Les habitants du Finistère doivent être divisés en deux peuples, celui des campagnes et celui des villes. La première forme représente à peu près les 6/7 de la population générale. Son caractère apathique et insouciant la rend insensible aux améliorations ([...]). Il a conservé ([...]) les routines de ses pères. Il est ignorant. ([...]) Il cultive peu et cultive mal, vit dans la pauvreté, habite l'étable de ses animaux, se livre aux pratiques minutieuses d'une dévotion exagérée et passe dans l'ivresse le temps qu'il ne donne pas à ses travaux »[117].
En 1848, sur les 59 communes de l'arrondissement de Châteaulin, 30 sont sans école de garçons et 51 sans école de filles[118].
Le Finistère fut l'un des 4 départements français à ne pas voter majoritairement en faveur de Louis-Napoléon Bonaparte lors des élections présidentielles de , lui préférant le général Eugène Cavaignac qui apparût aux yeux des électeurs comme le candidat du parti de l'ordre ; de même lors des élections législatives de 1849 c'est la liste des légitimistes qui l'emporta ; par contre le coup d'État du 2 décembre 1851 de Napoléon III fut largement soutenu dans le Finistère, département catholique, conservateur et monarchiste ; il fait même partie des quatre départements où aucun opposant ne fut arrêté[119].
En 1870, « La Joconde » est mise en sécurité dans les souterrains de l'arsenal de Brest[120] puis retourne au Louvre à l'issue de la guerre franco-allemande de 1870[121].
Des Finistériens plutôt légitimistes et défenseurs du pape
Les campagnes de l'Ouest étaient alors « pénétrées du sentiment des hiérarchies sociales » et « persistaient à considérer le prêtre et le noble, le plus souvent le grand propriétaire, symboles de la puissance spirituelle et matérielle, comme leurs défenseurs et leurs guides naturels »[122]. Marie-Thérèse Cloître estime que dans le Finistère les légitimistes y sont en général riches et considérés[123].
Jean-Marie-Dominique de Poulpiquet de Brescanvel fonde une maison de retraite à Saint-Pol-de-Léon pour les prêtres âgés et infirmes et restaura les exercices de l'Adoration perpétuelle. C'est sous son épiscopat que fut fondée la seule congrégation religieuse finistérienne du XIXe siècle, celle des Sœurs de l'Adoration[124].
Plusieurs finistériens sont zouaves pontificaux ; lors de la guerre de 1870, beaucoup d'entre eux devinrent membres de la légion des volontaires de l'Ouest[125].
Après la défaite de Sedan, Napoléon III est fait prisonnier. Un nouveau gouvernement républicain se met en place. Léon Gambetta, ministre de la Guerre de ce nouveau gouvernement, décide de former de nouvelles armées et de poursuivre la « guerre à outrance »[126]. Il décide d'organiser la résistance en province, notamment en créant l'Armée de Bretagne[126]. Le général Émile de Kératry choisit d'établir un camp à Conlie, regroupant 80 000 hommes volontaires[127]. Les volontaires débarquent par train des troupes bretonnes démunies d'armes et de matériel de campement, habillées pauvrement, chaussées de sabots et coiffées de larges chapeaux à ganses noires. Ils y rejoignent le campement de Keratry. Peu d'entre eux parlent français, même parmi les officiers. De plus, ils doivent affronter la neige et la boue des mois d'hiver ainsi que la maladie. Dès décembre, le camp est évacué ; les Morbihannais sont cantonnés dans la proche forêt de Sillé-le-Guillaume[128]. L'Armée de Bretagne participe à la bataille du Mans[129].
En 1881, le préfet du Finistère écrit que selon les recensements de 1872 et 1876, plus de 300 000 Finistériens, sur une population totale de 666 000 habitants, ne savent ni lire ni écrire le français »[130].
Toutefois, plusieurs scrutins législatifs donnèrent dans le département une majorité aux républicains : ce fut le cas en 1876, 1877 et 1881 et à nouveau en 1889, la droite ne l'emportant alors qu'en 1885 ; par contre, à la fin du XIXe siècle plusieurs des députés élus sont favorables au Ralliement catholique comme Albert de Mun et l'abbé Hippolyte Gayraud, mais d'autres y sont hostiles comme Charles-Émile Freppel.
Les progrès de la seconde moitié du XIXe siècle
Le Finistère, excentré dans l'ensemble français, est longtemps resté de plus très enclavé, notamment les campagnes accessibles par des chemins vicinaux dans un état tel que les charrois étaient impossibles l'hiver, sauf sur les routes royales ; cette situation était aggravée par l'habitat dispersé, les écarts étant pour la plupart d'accès très difficile, les chemins ruraux, fréquemment des chemins creux, étant souvent de véritables bourbiers. Ce n'est qu'à partir du Second Empire que, progressivement, se développe un réseau de chemins de grande communication et que les communes commencent à améliorer l'entretien de leur réseau vicinal.
L'arrivée du chemin de fer à Quimper en 1863 et à Brest en 1865, complétée les décennies suivantes par des lignes supplémentaires, la plupart à voie métrique (notamment celles du réseau breton), améliora nettement les conditions de transport, même si la plupart fermèrent en raison de la concurrence de la route dès l'entre-deux-guerres. Le canal de Nantes à Brest joue aussi le même rôle de désenclavement pour la partie centrale du département. Le port de commerce de Brest est aménagé sous le Second Empire.
Les progrès agricoles sont nets, favorisés par l'action d'hommes comme Théophile de Pompéry et Louis Monjaret de Kerjégu, l'utilisation croissante des engrais et amendements, la création de l'Office central de Landerneau, ce qui entraîne l'essor des élevages chevalins, bovins et porcins, l'extension des prairies naturelles et artificielles ainsi que des cultures fourragères. Les cultures maraîchères de la Ceinture dorée se développent, de même que, dans la partie littorale sud du département, les cultures légumières de plein champ, qui fournissent les conserveries. La surface agricole utile finistérienne connaît son maximum d'extension vers 1900.
Par contre l'activité industrielle décline : le textile achève de disparaître ainsi que les papeteries du pays de Morlaix (supplantées par celles de Scaër, Ergué-Gabéric et Quimperlé), les mines du Huelgoat et de Poullaouen ferment, l'extraction ardoisière décline, ce qui entraîne une émigration ouvrière vers les carrières de Trélazé. Les activités maritimes sont irrégulières : la pêche, notamment à la sardine, et les conserveries dans les ports de la moitié sud du département (Douarnenez, Audierne, Guilvinec, Concarneau, [...]), mais aussi le port de guerre de Brest qui reste, arsenal y compris, la principale entreprise du département (entre 6 000 et 8 000 emplois selon les années[131]).
Le tourisme reste embryonnaire, mais le tropisme balnéaire profite à des stations comme Roscoff, Le Pouldu, Beg Meil, Morgat, [...], voire à des localités de l'intérieur (Huelgoat). Pont-Aven et les autres villes de Cornouaille attirent les peintres.
L'émigration est notable (57 700 Finistériens auraient quitté le département entre 1851 et 1901 selon une estimation de Michel Phlipponneau[132], sans être forte (elle le fut davantage pendant l'entre-deux-guerres) ; le maximum de population rurale dans le département est atteint en 1906 avec 586 000 personnes.
Le XXe siècle
L'hostilité à la République radicale
La Basse-Bretagne, constituée pour moitié du Finistère, étrangère à l'espace linguistique national et restée en partie royaliste et très cléricale (notamment le Léon), se retrouve en état de sécession morale à l'encontre de la politique anticléricale des gouvernements radicaux de la Belle Époque ; l'interdiction du catéchisme et du prône en breton décidée par Émile Combes soulève de nombreuses protestations ; la résistance à la fermeture des écoles congréganistes, en vertu de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, puis la querelle des Inventaires exaspère ; par exemple le journal « La Lanterne » écrit le : « La Bretagne cléricale prétend se mettre au-dessus des lois et braver la France républicaine. ([...]) La révolte a assez duré »[133].
Selon une déclaration faite par Émile Combes à la Chambre des députés le , dans trois communes du Finistère seulement, le catéchisme était alors enseigné uniquement en français : Brest, Saint-Pierre-Quilbignon et Le Relecq-Kerhuon[134].
Le Finistère pendant la Première Guerre mondiale
Le Finistère n'est pas envahi pendant la Première Guerre mondiale[135].
Le Finistère accueille des bases d'entraînement pour les soldats[135].
Le département est éloigné du front terrestre, ce qui fait d'elle un lieu propice à l'accueil des réfugiés comme des prisonniers de guerre. Les blessés venus du front y sont aussi soignés, les premiers arrivant dès le mois d', et 800 000 personnes transitent dans l'un des 273 hôpitaux bretons pendant le conflit. À côté des structures liées à l'armée, coexistent des centres de soins départementaux et privés, et des bâtiments sont souvent réquisitionnés pour accueillir ces blessés[136]. Des civils alliés sont aussi accueillis, notamment venant de Belgique ou de Serbie. Au total, le Finistère accueille 22 800 réfugiés pendant la guerre[137].
Les régiments de l'armée de terre composés principalement de Finistériens (les régiments étant à recrutement principalement local au début de la guerre) sont le 118e régiment d'infanterie (Quimper), le 19e régiment d'infanterie (Brest) et en partie le 116e régiment d'infanterie (Vannes et Morlaix), ainsi que leurs régiments de réserve, respectivement le 318e régiment d'infanterie, le 219e régiment d'infanterie et le 316e régiment d'infanterie. Les fusiliers marins, commandés par l'amiral Pierre Alexis Ronarc'h, s'illustrèrent lors de la bataille de l'Yser, notamment lors des combats de Maissin.
Mais de nombreux Finistériens, en particulier les inscrits maritimes, servirent dans la Marine nationale, participant notamment aux combats des Dardanelles et à l'expédition de Salonique ; les marins finistériens furent nombreux à périr noyés à bord de navires coulés par les marines ennemies, à bord des croiseurs cuirassés Léon-Gambetta et Amiral Charner et du cuirassé Bouvet parmi bien d'autres exemples possibles.
Le port de Brest fut le principal port d'entrée des troupes américaines en France en 1917 et 1918 ; le camp de Pontanézen fut aménagé pour ces troupes.
Des bases d'hydravions furent créées par les Américains, notamment la base de Laninon à Brest, celle de l'île Terch en Plouguerneau, celle de l'Île-Tudy dans le but de combattre les bateaux allemands qui menaçaient les convois de ravitaillement venant des États-Unis.
Le Finistère compte six camps d'internement, dont le plus important à l'Île Longue accueille 2 020 internés en quatre ans. Les prisonniers sont utilisés pour plusieurs activités, comme la fabrication de sabots à Guérande, ou dans les usines, les ports, ou pour l'agriculture[138].
Des troupes américaines débarquent à Brest à partir du [139]. 784 000 soldats américains ont mis les pieds à terre à Brest[140].
Le , le chalutier Saint-Mathieu navigue au large de la Bretagne quand il est pris pour cible par un sous-marin allemand[141].
Les paysans et l'agriculture décrits au début du XXe siècle
Louis Ogès décrit ainsi les paysans finistériens vers 1920 :
« Le paysan [finistérien] est un travailleur infatigable ([...]) Absorbé tout entier par sa besogne journalière, il lit peu ([...]) La politique ne l'intéresse guère. Très attaché à sa religion, il ne manquera jamais la messe ; mais, après l'office religieux, il visitera les débits et souvent y boira plus que de raison. Très économe, parfois même avare, son bonheur sera d'accumuler les écus au fond de sa vieille armoire de chêne ; il ne touchera au pécule péniblement amassé que pour agrandir ou améliorer sa ferme. Défiant envers le citadin et même envers ses voisins, il s'attarde dans de vaines discussions, ne livre pas sa pensée dans la crainte d'être dupe[142]. »
En 1919, la production agricole globale a baissé d'environ 10 % par rapport à avant la guerre ; le Finistère a produit 800 000 quintaux de blé, 750 000 quintaux d'avoine, 350 000 de sarrasin, 300 000 de seigle et de méteil, et autant d'orge. Les plantes fourragères (trèfles, choux, betteraves, panais, rutabagas) suffisent à la consommation du bétail ; légumes, primeurs et pommes de terre sont exportés. La production annuelle de cidre est d'environ 300 000 hectolitres. L'ajonc broyé est utilisé pour la nourriture des chevaux. On compte dans le département 150 000 chevaux (principalement des postiers bretons), 420 000 vaches et bœufs (souvent encore de race pie noire), 132 000 porcs et les moutons sont encore nombreux dans les monts de l'intérieur[143].
Les méfaits dus à la misère, l'alcool et les ravages de la tuberculose
Lors de la mission de Trégunc de 1670, le prédicateur Julien Maunoir s'étonne de trouver un prêtre ne s'étant jamais enivré « ce qui parût admirable dans un païs où, mesme parmi les prêtres, la sobriété estoit une vertu héroïque »[144].
La malnutrition explique la petite taille des Finistériens d'alors : par exemple en 1842, sur 97 hommes appelés pour le tirage au sort des conscrits dans le canton de Plogastel-Saint-Germain, de 16 à 20 étaient de 12 à 15 cm au-dessous de la taille requise pour pouvoir être retenus[145]. En 1842 la durée moyenne de vie dans le Finistère n'était encore que de 27 ans (contre 39 ans dans les Hautes-Pyrénées) en raison de la mauvaise nourriture et de l'alcoolisme[146].
Camille Vallaux écrit en 1905 :
« De longs siècles de misère ont réduit la taille moyenne chez les hommes de l'intérieur et un siècle d'alcoolisme commence à produire un résultat semblable chez les pêcheurs. La taille moyenne n'est que de 1,55 m à 1,60 m dans le bassin de Carhaix-Châteaulin ; elle atteint 1,65 m à 1,70 m dans l'Armor, mais on remarque à Penmarc'h, à Concarneau, que la race « [l'emploi du mot « race » par l'auteur est significatif de l'époque à laquelle ce texte a été écrit] », ravagée par la scrofule, s'étiole et diminue. Au contraire, les hommes sont assez grands en Cornouaille où la race est forte et de haute taille. Les épidémies sont fréquentes partout, car le mépris de l'hygiène est une règle générale ; mais ce sont surtout sur l'Armor que des épidémies localisées de choléra, de typhoïde et de scarlatine ; à l'intérieur ([...]) les épidémies de typhoïde, de dysenterie et même de variole éclatent de temps à autre ([...]) La mortalité infantile qui en dérive est une règle générale[147]. »
L'alcoolisme a augmenté au cours du XIXe siècle et du début du XXe siècle dans le département. Selon Louis Ogès, la consommation d'alcool pur par habitant (donc enfants inclus) et par an est passée de 1,6 litre en 1824 à 4,9 litres en 1880 et 5,5 litres en 1920, ce qui correspond à cette date à l'équivalent de 35 litres d'eau-de-vie par adulte et par an. En 1920 le Finistère est le département français où les procès pour ivresse sont les plus nombreux ; l'alcoolisme y fait des ravages dans toutes les classes sociales, mais principalement chez les pêcheurs et les ouvriers. Le nombre des débits de boisson dans le département est passé de 2 294 en 1824 à 4 862 en 1850, à 5 611 en 1880 et à 10 645 en 1913 (soit à cette date un débit de boisson pour 74 habitants (enfants inclus)[142].
La tuberculose exerce aussi ses ravages au début du XXe siècle (56 % des cas de tuberculose sont liés à l'alcool). Un sanatorium départemental est fondé à Plougonven en 1917[142].
L'habitat reste sommaire : la pièce unique et le lit clos restent dominants, même si des cloisons et même des maisons à étage commencent à se répandre, notamment dans le Léon. Les vêtements s'améliorent, notamment avec la mode des costumes ruraux caractéristiques d'un « pays », par exemple ceux du pays Bigouden du pays Glazik, du pays Chelgen, [...]
Le déclin des traditions et les progrès de l'instruction dans les premières décennies du XXe siècle
En 1920 la proportion des conscrits illettrés est encore de 6 % dans le Finistère (2,65 % pour l'ensemble de la France), mais des écoles existent désormais dans toutes les communes. Sous l'influence de l'enseignement et du service militaire obligatoires, les mentalités évoluent : les superstitions, le recours aux guérisseurs et sorciers, la croyance dans les vieilles légendes reculent ; l'hygiène commence à progresser ; les pardons sont toujours très fréquentés, mais alors qu'ils étaient essentiellement religieux, ils sont de plus en plus aussi des fêtes profanes. La jeunesse reste fidèle aux danses bretonnes, mais l'emploi de la langue bretonne commence son déclin, les lois Jules Ferry ayant mis à mal son enseignement et son utilisation à l'école dès les années 1880 par l'imposition du français comme langue d'enseignement sur l'ensemble du territoire et les humiliations infligées aux élèves parlant breton.
Les progrès de l'instruction furent néanmoins très rapides, le Finistère devenant en quelques décennies une pépinière de diplômés, comme l'illustre l'exemple de Plozévet.
L'émigration agricole de l'entre-deux-guerres
Le « moratorium » décidé par la loi du , et renouvelé tous les ans pendant la Première Guerre mondiale, prévoyait le prolongement des baux agricoles parvenant à échéance au profit des mobilisés et de leur famille ; il provoqua par contre-coup un manque de terres à louer lors de sa suppression en 1921, provoquant un exode rural important, notamment en Bretagne[148]. Hervé Budes de Guébriant, alors président de l'« Union des syndicats agricoles de Landerneau », charge alors François Tinevez, agriculteur à Plabennec, soutenu entre autres par Vincent Inizan, agriculteur, maire de Kernoues et député du Finistère, d'organiser l'émigration. Vincent Inizan déclare le à l'Assemblée nationale : « Dans maintes régions de France des terres agricoles sont en friche ([...]) Les campagnes se dépeuplent et la terre meurt, faute de bras. Dans une région, cependant, la Bretagne, ([...]) le phénomène inverse se produit, causant une menace sociale des plus inquiétantes ([...]) ». Une étude alors lancée à travers toute la France par Auguste Puis, sous-secrétaire d'état à l'agriculture, et une autre effectuée par l'union des syndicats agricoles du Finistère, montrèrent que des terres étaient disponibles, notamment en Dordogne, dans le Gers et le Tarn-et-Garonne.
Les premiers paysans bretons à émigrer, à l'instigation d'Hervé Budes de Guébriant, vers le sud-ouest de la France, et qui souvent ne parlaient que le breton, partirent le des gares de Landerneau, Châteaulin, Quimper et Quimperlé et parvinrent le lendemain à Périgueux. Ils étaient accompagnés de trois « pilotes » : François Tinevez (alors maire de Plabennec), Pierre Le Bihan (du hameau de Gwarem-Vraz en Scaër) et l'abbé François Lanchès[149], vicaire au Relecq-Kerhuon.
Les Léonards partirent s'installer dans le nord-est du département de la Dordogne, particulièrement dans le canton de Lanouaille ; ceux du sud du Finistère se dirigèrent vers le nord-ouest du même département, entre Nontron et Ribérac ; ceux du centre du Finistère allèrent dans le centre-ouest, dans la région de Saint-Astier ; certains des paysans étaient contraints de prendre des terres en métayage à leur corps défendant, car ils auraient préféré le fermage auquel ils étaient habitués[150].
Trois autres convois de paysans bretons partirent successivement les , et en direction de la Dordogne. Par exemple le couple Yves Cadalen - Marie-Jeanne Jaouen (mariés le à Lampaul-Ploudalmézeau), qui exploitaient précédemment une petite exploitation de 3 à 4 ha, au lieu-dit « Pen ar Guéar » en Lampaul-Ploudalmézeau, trop petite pour nourrir leur famille qui comptait alors 9 enfants, partit le 6 février 1922 ; ils louèrent d'abord une ferme de 30 ha, appartenant au comté de la Verrie de Vivans, à Gageac-et-Rouillac, puis en 1927 à Beylive et en 1932 au Vaudou, dans les deux cas dans la commune de Bergerac.
Le , l'abbé François Lanchès est nommé « aumônier des Bretons du Périgord ».
Une autre colonie bretonne s'installa dans le département de Lot-et-Garonne, des familles originaires entre autres de Plabennec et Guipavas s'installèrent dès 1921 dans la région de Marmande et, en 1926, 11 familles originaires du Cloître-Pleyben s'installèrent dans les environs de Gontaud, Saint-Pierre-de-Nogaret, Verteuil-d'Agenais et Hautesvignes ; d'autres les années suivantes dans les environs de Seyches, Clairac et Lévignac-de-Guyenne.
Dans la deuxième moitié de la décennie 1920, 21 familles de Gouézec, 8 familles de Pleyben, 8 de Brasparts et 6 de Lennon, ainsi que d'autres familles venant des Côtes-du-Nord (notamment de Locarn), s'installent dans le canton de Seyches ; d'autres familles bretonnes s'installent dans la région de Monflanquin ; des familles venant de Guiscriff, du Faouët, des environs de Châteauneuf-du-Faou, de Theix, [...] s'installèrent dans la région de Nérac et des familles cornouaillaises autour de Lévignac ; certaines familles émigrèrent dans le Gers[151].
Des paysans du pays Glazik s'installèrent pendant la décennie 1930 autour de Lanouaille en Dordogne ; d'autres, de la région de Quimperlé, dans la région de Mussidan ; un groupe de la région d'Elliant-Saint-Évarzec-Saint-Yvi entre Beaumont-du-Périgord et Villeréal (Lot-et-Garonne) ; [...][151]
En Dordogne en 1934, sur 1 200 familles bretonnes immigrées, 350 sont propriétaires de leur exploitation agricole, 500 sont fermiers et 350 sont métayers[151].
Le premier Congrès des Bretons d'Aquitaine se tint le à Bergerac en présence d'Hervé Budes de Guébriant. Un second congrès se tint le à Bergerac et un autre à Tonneins en 1955.
Le journal « Breiz Nevez » (Nouvelle Bretagne) est distribué en 1950 à 522 familles de Dordogne, 761 du Lot-et-Garonne et 385 d'autres départements du sud-ouest français (Tarn-et-Garonne, Gers, Gironde, Charente, Haute-Vienne, Creuse, Corrèze)[151].
Mais l'émigration finistérienne a en fait commencé dès le milieu du XIXe siècle, notamment vers la région parisienne (Bécassine !), beaucoup de Bas-Bretons s'installant à proximité de la gare Montparnasse), et n'est pas seulement agricole ; des pêcheurs et ouvrières de conserverie partent vers les ports de la côte atlantique au sud de la Loire, ou du littoral normand ou nordiste ; on compte plus de 35 000 immigrés bretons (dont beaucoup viennent de la région de Morlaix[Note 7]) au Havre en 1938.
Certains sont partis à l'étranger, notamment en Amérique du Nord, par exemple au Canada[Note 8].
Les clivages politiques de l'entre-deux-guerres
La gauche radicale domine en Cornouaille (notamment avec Georges Le Bail, hostile à toute compromission avec les cléricaux ; Albert Louppe et Maurice Bouilloux-Lafont sont plus modérés) et dans le Trégor finistérien ; les socialistes sont influents à Brest (Émile Goude) et dans les ports de pêche cornouaillais, parfois sensibles à l'influence communiste (par exemple Douarnenez). À droite Adolphe Duparc, évêque de Quimper et Léon, apparaît comme le chef de file, organisant la résistance à la politique anticléricale du Cartel des gauches, faisant ouvrir plus de 100 écoles confessionnelles dans son diocèse ; son influence est particulièrement forte dans le Léon et la plupart des campagnes (sauf dans les Monts d'Arrée).
Ces clivages se retrouvent dans la presse locale : L'Ouest-Éclair soutient les conservateurs et les sillonnistes alors que La Dépêche de Brest et de l'Ouest soutient les républicains, voire les radicaux. Le Courrier du Finistère représente le point de vue de l'évêché.
Le militantisme culturel et la tentation autonomiste
Déjà au XIXe siècle des hommes comme François-Marie Luzel et Théodore Hersart de La Villemarqué (dans le Barzaz Breiz) se préoccupent de transcrire le patrimoine oral en langue bretonne des contes et gwerziou.
Seul département totalement de tradition bretonnante, le Finistère joue un rôle important dans le renouveau culturel breton grâce à des associations ou manifestations comme le Bleun Brug fondé en 1905, le mouvement artistique Seiz Breur, les organisations de danses celtiques (Kendalc'h et War'l Leur ), les écoles Diwan, la mode des festou-noz, les fêtes folkloriques (Fêtes de Cornouaille, Fête des Fleurs d'Ajoncs à Pont-Aven, Fête des Brodeuses à Pont-l'Abbé, [...]) ou maritimes comme les Fêtes maritimes de Brest, des chanteurs comme Glenmor, Alan Stivell[Note 9], Louise Ebrel, Dan ar Braz, [...]), des écrivains comme Pierre-Jakez Hélias, Xavier Grall, [...], des festivals comme les Vieilles Charrues et le Festival du bout du monde.
La tentation autonomiste a aussi séduit certains Finistériens qui se sont engagés pendant l'entre-deux-guerres dans des mouvements nationalistes bretons comme le Deuxième Emsav, Parti national breton, le Parti autonomiste breton, [...] ; certains de leurs membres, comme Olier Mordrel, se compromettant en collaborant avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Après cette guerre, la création de l'Union démocratique bretonne illustre la persistance chez certains du rêve autonomiste ; d'autres succombent à la tentation terroriste : le Front de libération de la Bretagne commet notamment l'attentat de l'émetteur de Roc'h Trédudon en 1974.
La création de l'université de Bretagne-Occidentale en 1971 (mais un enseignement supérieur dépendant des facultés de Rennes existait antérieurement) et du Centre de recherche bretonne et celtique en 1969 ont contribué au dynamisme de la vie culturelle dans le Finistère, à laquelle contribuent aussi des musées comme le musée des Beaux-Arts de Brest, le musée des Beaux-Arts de Quimper, le musée de Pont-Aven, le Musée départemental breton de Quimper, le musée national de la Marine de Brest, [...]
Le Finistère pendant la Seconde Guerre mondiale
Le Finistère, principalement le port de guerre de Brest, et y compris les îles, est zone occupée par les Allemands dès . La Kriegsmarine aménage la base sous-marine de Brest. Brest devient pour ces raisons une cible privilégiée pour la Royal Air Force et l'US Air Force, les bombardements détruisant hélas également la ville de Brest. D'autres localités furent aussi victimes des bombardements, par exemple Guipavas et Scrignac.
La bande littorale du département devient zone interdite. L'Organisation Todt construit le mur de l'Atlantique, notamment en prélevant des galets de l'Ero Vili, concassés grâce à l'usine de concassage de galets de Tréguennec.
Le village de Trédudon-le-Moine (en Berrien) revendique le titre de « premier village résistant de France ». De nombreux hommes de l'Île de Sein rejoignent la France libre dès les jours suivants l'appel du 18 juin. Le groupe Élie est le premier réseau de résistants brestois. Des réseaux de résistance naissent un peu partout, faisant de l'espionnage (comme le réseau Johnny et le réseau Vengeance) ou organisant des filières d'évasion (par exemple la filière Sibiril depuis Carantec ou les départs vers l'Angleterre depuis Douarnenez). Des maquis naissent principalement à partir de 1943 (maquis de Saint-Goazec, de Saint-Laurent (en Plouégat-Guérand), de Pen-ar-Pont (près de Châteaulin), etc[152]. Pour le seul arrondissement de Brest, un site Internet recense plus de 800 résistants[153].
De nombreux résistants sont arrêtés, torturés, exécutés (par exemple 20 résistants fusillés à Kerfany le , les 35 fusillés du Poulguen en Penmarch, les 44 résistants de Saint-Pol-de-Léon entre la fin juin et le , les martyrs de Plounévézel, [...]) ou déportés dans les camps de concentration où beaucoup perdirent la vie. Pierre Brossolette, arrêté à Plouhinec, alors qu'il venait de débarquer à Plogoff, torturé par le SD et la Gestapo, préféra se suicider.
Des Finistériens ont aussi collaboré avec les Allemands, notamment le Kommando de Landerneau, qui multiplia les exactions. L'abbé Jean-Marie Perrot, suspecté d'être un collaborateur, fut assassiné le .
La libération commence le , les troupes américaines arrivant en premier via Le Moustoir et Huelgoat. Le siège de Brest dure du au , achevant la destruction de la ville. Les troupes allemandes se réfugient dans la presqu'île de Crozon où le général Hermann-Bernhard Ramcke se rend le . Les derniers combats dans le département concernent le « front de la Laïta » dans le cadre de la poche de Lorient.
Selon le décompte effectué par Georges-Michel Thomas, 926 Finistériens (398 résistants exécutés, 384 autres personnes victimes de représailles et 74 disparus) auraient été tués par les Allemands ; 286 Forces françaises de l'intérieur (FFI) auraient été tués lors des combats de la Libération dans le département (il faut y ajouter 52 Finistériens tués lors du siège de Lorient) ; 1 090 Finistériens auraient été déportés dont 549 seraient morts dans les camps nazis ; plus de 500 Finistériens auraient été internés pendant au moins 90 jours. De plus, la guerre aurait fait 1 615 victimes civiles (victimes de bombardements, d'explosions de mines, [...]) dans le département. Deux méprises de l'armée américaine provoquèrent la mort de 6 résistants (plus 5 blessés) à Lesven en Beuzec-Cap-Sizun le et de 25 FFI à Telgruc le [154].
Le Finistère après la Seconde Guerre mondiale
L'essor du modèle agricole breton pendant les Trente Glorieuses a concerné le Finistère avec l'essor des élevages hors-sol, notamment avicole et porcin, et de la production laitière, ainsi que des productions maraîchères de la Ceinture dorée (Société d'intérêt collectif agricole (SICA)) de Saint-Pol-de-Léon, Savéol, [...]) ; le syndicalisme agricole y est puissant (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA)) du Finistère et CDJA du Finistère principalement, le syndicaliste le plus connu étant Alexis Gourvennec) ; mais ce modèle est en crise (déjà en mai 1972 se produit une « grève du lait » avec séquestration de quatre dirigeants de la coopérative de Landerneau et blocage généralisé des camions de collecte[155]), à la fois en raison de la concurrence étrangère accrue et des pollutions engendrées par les intrants agricoles, notamment les nitrates à l'origine des marées vertes. Des entreprises agroalimentaires, par exemple Tilly à Guerlesquin, ont disparu, d'autres ont connu de graves crises (Doux à Châteaulin par exemple), certaines ont mieux résisté (comme Bigard à Quimperlé).
Le désenclavement du Finistère, particulièrement excentré au sein de la France et de l'Union européenne, a été entrepris grâce au plan routier breton, à la création du port en eau profonde de Roscoff et « Brittany Ferries », et à la LGV Bretagne-Pays de la Loire (mise en service en 2017), même si celle-ci s'arrête à Rennes pour sa branche bretonne, les TGV Atlantique poursuivant ensuite leur chemin en empruntant les lignes traditionnelles jusqu'à Brest et Quimper. L'aéroport de Brest-Bretagne participe aussi au désenclavement du département ; celui de Quimper-Bretagne est en difficulté et même menacé de fermeture.
Les manifestations contre le projet de centrale nucléaire de Plogoff entre 1978 et 1981 aboutirent à l'abandon du projet. Mais le Finistère reste très dépendant du reste de la France pour son approvisionnement électrique, en dépit des « autoroutes électriques » (lignes à 225 000 volts) venant du site nucléaire de Flamanville et des sites nucléaires de la vallée de la Loire et de la centrale thermique de Cordemais, en raison de la faiblesse de ses sites de production : la centrale nucléaire de Brennilis est fermée depuis 1985 (non encore démantelée) ; la production hydroélectrique est négligeable en dépit de l'usine de Saint-Herbot ; les énergies nouvelles restent de modeste importance (en 2019 le département comptait 175 éoliennes réparties sur 40 sites pour une puissance installée de 257,6 MW et 4 482 installations solaires pour une puissance installée de 44 MW). Pour faire face aux pointes de consommation électrique, le Finistère dispose de turbines à gaz de Brennilis et de Dirinon, auxquelles s'ajoute en 2022 la centrale à cycle combiné gaz de Landivisiau. Le projet Celtic Interconnector (liaison électrique entre l'Irlande et la Bretagne), censé être opérationnel en 2027, devrait sécuriser l'approvisionnement électrique de la pointe de la Bretagne.
La marée noire provoquée par le naufrage du pétrolier « Amoco Cadiz » le à Portsall a durablement marqué les esprits. Celles engendrées par les naufrages du « Torrey Canyon » (en 1967) et de l'« Erika » (en 1999) ont moins concerné le Finistère que les départements voisins, Côtes-d'Armor dans le premier cas, Morbihan dans le second.
Héraldique
Le département est doté d'un blason :
| Blasonnement :
« Parti, en 1 d'or au lion contourné de sable, et en 2 d'azur au bélier saillant d'argent onglé et accorné d'or, au chef d'argent chargé de cinq mouchetures d'hermine de sable. »
Commentaires : le lion morné — c'est-à-dire sans griffes, ni dents, ni langue — de sable sur fond d'or représente l'ancien comté de Léon situé au nord du département. Le bélier d'argent onglé et accorné d'or — c'est-à-dire aux cornes et aux sabots dorés — sur fond d'azur représente l'ancien comté de Cornouaille situé au sud du département. Ce sont les anciennes armes de ces deux comtés, le premier appartenant à la famille de Léon et le second étant attesté depuis la fin du XVIIe siècle. Les hermines de sable sur fond d'argent, rappelant que le département est situé en Bretagne, peuvent symboliser soit les cinq départements historiques bretons, soit les cinq évêchés ou parties d'évêchés ayant servi à la création du département[156].
|
Le Finistère ne dispose cependant pas de drapeau spécifique[157]. Le conseil départemental utilise généralement un drapeau chargé du logotype, reprenant lui-même le blason du département.
Politique et administration
- Liste des députés du Finistère
- Liste des sénateurs du Finistère
- Liste des conseillers généraux du Finistère
- Liste des préfets du Finistère
Les personnalités exerçant une fonction élective dont le mandat est en cours et en lien direct avec le territoire du département du Finistère sont les suivantes :
Découpage administratif
Le département du Finistère est divisé en 4 arrondissements, 54 cantons et 282 communes. Son chef-lieu est Quimper. La commune la plus peuplée est Brest et la plus étendue est Scaër. Quatre communes sont des îles — Île-de-Batz, Île-de-Sein, Île-Molène, et Ouessant — tandis que l'archipel des Glénan est administré par la commune de Fouesnant. La commune de l'Île-Tudy n'est pas une île, malgré son nom.
Les quatre arrondissements sont les suivants :
- arrondissement de Quimper, au sud. Il regroupe 17 cantons et 81 communes, a une superficie de 2 202 km2 et est peuplé de 311 718 habitants ;
- arrondissement de Brest, au nord-ouest. Il regroupe 20 cantons et 80 communes, a une superficie de 1 408 km2 et est peuplé de 362 380 habitants ;
- arrondissement de Châteaulin, au centre. Il regroupe 7 cantons et 61 communes, a une superficie de 1 804 km2 et est peuplé de 84 910 habitants ;
- arrondissement de Morlaix, au nord-est. Il regroupe 10 cantons et 60 communes, a une superficie de 1 319 km2 et est peuplé de 126 898 habitants.
Un cinquième arrondissement, celui de Quimperlé, a été supprimé en 1926.
La division historique entre le nord et le sud du département est toujours apparente dans l'organisation de différentes entités publiques (Assurance maladie, Allocations familiales, Assurance chômage, [...]), mixtes ou privées.
Les adresses postales doivent comporter le code du département à partir de 1965. À partir de mai 1962, afin d’accélérer la distribution, il est demandé de préciser « Nord-Finistère » ou « Sud-Finistère », puis « 29N » ou « 29S », selon que le courrier doit être acheminé au centre de tri postal de Brest ou à celui de Quimper. Il s'agissait d'une spécificité de la Poste[158], et le « 29 » (sans N ni S) figurait déjà sur les plaques d'immatriculation. À partir de 1972, c'est le code postal qui s'impose dans toute la France. Dans le Finistère, pour ne pas bouleverser la logique nord-sud, les codes attribués aux communes du sud-Finistère ont la structure 291xx, tandis que les codes attribués aux communes du nord-Finistère ont la structure 292xx. Cette méthode de numérotation propre au 29 laisse inutilisées des centaines de possibilités. L'Administration modifiera cette logique en 1989, Névez passant par exemple du code 29139 au code 29920[159].
Économie
Le département représente 50 % de la pêche bretonne en termes d'effectifs et de navires[160].
Transport

Tourisme
Le département du Finistère a obtenu en 2024 la deuxième place du classement GreenGo de « l'écoresponsabilité » pour le tourisme durable, derrière l'Ardèche et devant la Gironde[161].
Les résidences secondaires
Selon le recensement général de la population du , 13,5 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires.
Ce tableau indique les principales communes du Finistère dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux en 2008 :
| Ville | Population municipale | Nombre de logements | Résidences secondaires | % de résidences secondaires |
|---|---|---|---|---|
| Île-Tudy | 691 | 1 498 | 1 149 | 76,69 % |
| Île-de-Sein | 214 | 352 | 216 | 61,15 % |
| Bénodet | 3 208 | 4 310 | 2 572 | 59,67 % |
| Saint-Nic | 743 | 1 048 | 614 | 58,60 % |
| Île-de-Batz | 574 | 746 | 427 | 57,16 % |
| Brignogan-Plages | 844 | 1 014 | 558 | 55,01 % |
| Locquirec | 1 437 | 1 580 | 814 | 51,52 % |
| Ouessant | 856 | 941 | 459 | 48,77 % |
| Loctudy | 4 161 | 3 838 | 1 850 | 48,20 % |
| Névez | 2 679 | 2 631 | 1 250 | 47,50 % |
| Landunvez | 1 353 | 1 242 | 559 | 45,01 % |
| Roscanvel | 958 | 882 | 383 | 43,41 % |
| Carantec | 3 309 | 3 079 | 1 312 | 42,60 % |
| Crozon | 7 680 | 6 584 | 2 782 | 42,25 % |
| Clohars-Carnoët | 3 999 | 3 766 | 1 585 | 42,09 % |
| Plounéour-Trez | 1 242 | 1 054 | 435 | 41,25 % |
| Combrit | 3 469 | 2 668 | 1 060 | 39,71 % |
| Porspoder | 1 646 | 1 408 | 558 | 39,61 % |
| Fouesnant | 9 557 | 7 756 | 3 026 | 39,02 % |
| Plovan | 693 | 538 | 209 | 38,93 % |
| Camaret-sur-Mer | 2 595 | 2 203 | 827 | 37,53 % |
| Plougonvelin | 3 625 | 2 549 | 956 | 37,50 % |
| Primelin | 743 | 670 | 247 | 36,92 % |
| Cléden-Cap-Sizun | 992 | 786 | 283 | 36,04 % |
| Plougasnou | 3 231 | 2 750 | 982 | 35,71 % |
| Kerlouan | 2 272 | 1 682 | 567 | 33,70 % |
| Treffiagat | 2 313 | 1 642 | 545 | 33,19 % |
| Esquibien | 1 600 | 1 223 | 405 | 33,09 % |
| Plobannalec-Lesconil | 3 321 | 2 458 | 810 | 32,96 % |
| Tréflez | 901 | 613 | 200 | 32,55 % |
| Scrignac | 809 | 730 | 237 | 32,47 % |
| Audierne | 2 319 | 1 993 | 647 | 32,45 % |
| Plozévet | 2 943 | 2 263 | 730 | 32,26 % |
| Roscoff | 3 648 | 2 834 | 909 | 32,06 % |
| Lanildut | 944 | 646 | 204 | 31,58 % |
| Penmarc'h | 5 633 | 4 558 | 1 433 | 31,44 % |
| Plomodiern | 2 162 | 1 441 | 453 | 31,40 % |
| Plogoff | 1 374 | 1 072 | 332 | 30,95 % |
| Berrien | 944 | 706 | 218 | 30,93 % |
| Saint-Pabu | 1 849 | 1 182 | 357 | 30,22 % |
| La Forêt-Fouesnant | 3 261 | 2 223 | 650 | 29,24 % |
| Lampaul-Plouarzel | 2 058 | 1 360 | 396 | 29,14 % |
| Plonévez-Porzay | 1 679 | 1 097 | 319 | 29,04 % |
| Moëlan-sur-Mer | 6 932 | 4 843 | 1 392 | 28,74 % |
| Plouhinec | 4 267 | 3 010 | 864 | 28,69 % |
| Telgruc-sur-Mer | 2 042 | 1 343 | 372 | 27,74 % |
| Le Conquet | 2 604 | 1 736 | 476 | 27,41 % |
| Plouguerneau | 6 275 | 4 068 | 1 093 | 26,88 % |
| Guilvinec | 2 998 | 2 552 | 683 | 26,75 % |
| Cléder | 3 814 | 2 451 | 645 | 26,32 % |
| Plouescat | 3 736 | 2 466 | 641 | 25,98 % |
| Trégunc | 6 799 | 4 414 | 1 141 | 25,85 % |
| Sibiril | 1 974 | 794 | 201 | 25,36 % |
| Logonna-Daoulas | 2 053 | 1 191 | 296 | 24,83 % |
| Pont-Aven | 2 929 | 2 298 | 568 | 24,72 % |
| Guissény | 1 886 | 1 226 | 302 | 24,65 % |
| Santec | 2 280 | 1 439 | 344 | 23,92 % |
| Landéda | 3 628 | 1 982 | 417 | 21,02 % |
| Plouarzel | 3 391 | 1 740 | 357 | 20,54 % |
| Riec-sur-Bélon | 4 162 | 2 510 | 510 | 20,34 % |
| Pouldreuzic | 1 838 | 1 111 | 214 | 19,30 % |
| Huelgoat | 1 602 | 1 125 | 212 | 18,84 % |
| Ploudalmézeau | 6 070 | 3 095 | 569 | 18,38 % |
| Plonévez-du-Faou | 2 099 | 1 339 | 214 | 15,95 % |
| Plomeur | 3 579 | 1 878 | 286 | 15,25 % |
| Plounévez-Lochrist | 2 391 | 1 337 | 202 | 15,11 % |
| Douarnenez | 15 066 | 9 746 | 1 402 | 14,39 % |
| Concarneau | 20 096 | 12 092 | 1 529 | 12,64 % |
| Châteauneuf-du-Faou | 3 698 | 2 146 | 271 | 12,62 % |
- Source INSEE, chiffres au .
Société
Démographie

- >400 hab./km2
- 200 à 400 hab./km2
- 100 à 200 hab./km2
- 50 à 100 hab./km2
- 25 à 50 hab./km2
- <25 hab./km2
Les habitants du Finistère sont les Finistériens. Le Finistère était déjà peuplé au Néolithique comme l'atteste la présence de nombreux mégalithes et menhirs. Entre le IVe et le VIIe siècle, il y eut plusieurs vagues migratoires des Bretons insulaires vers l'Armorique à la suite de la désorganisation de l'Empire romain et des invasions des Saxons et des Angles. Ils se mêlèrent aux populations locales présentes sur place. Par la suite, la population du Finistère demeura isolée des autres populations à cause de son particularisme linguistique et de la position du Finistère à l'extrémité d'une péninsule. La francisation des Finistériens et le désenclavement de la péninsule grâce aux moyens modernes de transport contribueront à faciliter le brassage ethnique avec les habitants d'autres régions.
Beaucoup de Finistériens ont été obligés de s'expatrier pour trouver un travail à partir des années 1850. La région parisienne ainsi que les grandes villes de l'ouest de Rennes et de Nantes et les ports du Havre et de Toulon ont constitué les destinations favorites. Aujourd'hui, les Finistériens tendent à vouloir revenir de plus en plus souvent dans leur département d'origine. La région parisienne, où les prix de l'immobilier sont élevés, attire de moins en moins.
La majeure partie de la population vit dans les villes. Le taux d'urbanisation de la population atteint en effet 73 %. Brest compte environ 200 000 habitants pour son agglomération et Quimper environ 80 000 habitants. La population se concentre dans les zones proches du littoral tandis que l'intérieur des terres (régions des monts d'Arrée et des montagnes Noires) est largement sous-peuplé et a vu sa population fortement décliner au cours de la première moitié du XXe siècle en raison d'un important exode rural. Le département compte 901 293 habitants au [162]. Le département, historiquement un des plus peuplés de France, a connu une croissance assez faible de 28 % entre 1946 et 2022, contre 69 % sur la France entière, et se classe en 2022 à la 24e place pour le nombre d'habitants.
Évolution démographique
En 2023, le département comptait 933 455 habitants[Note 10], en évolution de +2,69 % par rapport à 2017 (France hors Mayotte : +2,36 %).
Communes les plus peuplées
| Nom | Code Insee |
Intercommunalité | Superficie (km2) |
Population (dernière pop. de réf.) |
Densité (hab./km2) |
Modifier |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Brest | 29019 | Brest Métropole | 49,51 | 142 346 (2023) | 2 875 | |
| Quimper | 29232 | CA Quimper Bretagne occidentale | 84,45 | 64 385 (2023) | 762 | |
| Concarneau | 29039 | CA Concarneau Cornouaille Agglomération | 41,08 | 20 845 (2023) | 507 | |
| Landerneau | 29103 | CA du pays de Landerneau-Daoulas | 13,19 | 16 363 (2023) | 1 241 | |
| Guipavas | 29075 | Brest Métropole | 44,13 | 15 538 (2023) | 352 | |
| Morlaix | 29151 | CA Morlaix Communauté | 24,82 | 15 194 (2023) | 612 | |
| Douarnenez | 29046 | CC Douarnenez Communauté | 24,94 | 14 068 (2023) | 564 | |
| Plouzané | 29212 | Brest Métropole | 33,14 | 13 567 (2023) | 409 | |
| Plougastel-Daoulas | 29189 | Brest Métropole | 46,83 | 13 434 (2023) | 287 | |
| Quimperlé | 29233 | CA Quimperlé Communauté | 31,73 | 12 469 (2023) | 393 | |
| Le Relecq-Kerhuon | 29235 | Brest Métropole | 6,43 | 11 897 (2023) | 1 850 | |
| Fouesnant | 29058 | CC du Pays fouesnantais | 32,76 | 10 436 (2023) | 319 | |
| Landivisiau | 29105 | CC du Pays de Landivisiau | 18,99 | 9 426 (2023) | 496 | |
| Plabennec | 29160 | CC du pays des Abers | 50,43 | 8 686 (2023) | 172 | |
| Ergué-Gabéric | 29051 | CA Quimper Bretagne occidentale | 39,87 | 8 606 (2023) | 216 |
Enseignement
Le département du Finistère est l'un des quatre départements qui sont couverts par l'académie de Rennes. Quelque 147 000 élèves sont scolarisés en 2025 dans le primaire (73 847 élèves en 2025) et le secondaire (73 565 élèves en 2022)[166]. Le département se caractérise par une portion importante d'élèves scolarisés dans l'enseignement privé, notamment catholique, ce dernier représentant un peu moins de la moitié des élèves du premier et du second degré (60 000 élèves dans 268 établissements en 2025[167]. L'enseignement en breton représente lui quelque 8 800 élèves[168], le département est par ailleurs le premier où s'est implantée une école Diwan en 1977[169].
Le conseil départemental est directement gestionnaire des 62 collèges publics du département, et intervient aussi dans différents aspects de la gestion des 48 collèges privés sous contrat[170],[171]. Au total, le Finistère finance à hauteur de 57 M€ le fonctionnement de ces établissements en 2024, dont 33,5 millions en investissement et 23,9 millions en fonctionnement[172].
Le Morbihan est l'un des départements qui connaissent les meilleurs taux de réussite nationaux aux diplômes nationaux du baccalauréat (en 2023, 98,6 % au bac général, 96 % au bac technologique, et 89,1 % au bac professionnel)[173] et du brevet des collèges (92,8 % en 2022)[174].
Culture
Langues

Plusieurs dialectes de la langue bretonne sont en usage dans le Finistère. Les deux principaux étaient le léonard parlé dans le tiers nord du département et le cornouaillais dans les deux tiers sud. Le trégorrois et le vannetais étaient parlés dans de petites zones situées à l'est de Morlaix pour le premier et à l'est de Quimperlé pour le second. Il n'existait pas de véritable frontière linguistique entre ces différents dialectes. Il s'agissait plutôt de petites variations à l'échelon local, au niveau de chaque paroisse, si bien que plus on s'écartait de sa paroisse d'origine, plus l'intercompréhension linguistique était rendue difficile. Il existait aussi des formes locales du français parlées uniquement dans les villes. Ainsi à Quimper, les habitants parlaient le quimpertin. Du fait de la présence de la Marine royale, devenue Marine nationale, à Brest, son agglomération est historiquement francophone.
Aujourd'hui, la population est largement francophone. Le Finistère (« Penn-ar-Bed » en breton, signifiant « bout du monde ») est néanmoins le département le plus bretonnant de Bretagne. Les effectifs pondérés que fournit l'enquête « Étude de l'histoire familiale »[175] menée par l'INSEE en 1999 sont de plus de 132 000 bretonnants de plus de 18 ans pour ce seul département. S'y ajoutent notamment les effectifs des écoles bilingues qui se montent à 4 333 élèves à la rentrée 2005, ou encore les élèves suivant des cours de breton dans les établissements publics du primaire (plus de 7 600 en 2002/2003) ou du secondaire (plus de 1 800 en 2002/2003). La signalisation routière bilingue est utilisée dans le département.
L'Union démocratique bretonne (UDB) signale, en , l'absence de la langue bretonne dans certains musées du Sud Finistère[176].
Patrimoine religieux
Le paysage du Finistère est profondément marqué par son patrimoine religieux. Ainsi, on y trouve deux cathédrales à Quimper et à Saint-Pol-de-Léon.
Les bourgs possèdent des églises renfermant bien souvent des trésors : calvaires, retables, baptistères, [...]
Ce patrimoine religieux est marqué spécifiquement par la présence d'enclos paroissiaux notamment autour de la vallée de l'Elorn (La Roche Maurice, La Martyre, Bodilis, [...]) mais aussi Saint-Thégonnec, Guimiliau ou encore Pleyben. Enfin, la campagne est parsemée de calvaires et de chapelles situés dans des hameaux, voire totalement isolés.
Dans la peinture
Le peintre Eugène Boudin, un des mentors du mouvement impressionniste, séjourne dès 1855 en Bretagne à Douarnenez, Tréboul et ses environs. Il effectuera plus de 23 déplacements en Bretagne et fera un long voyage entre Le Croisic et la pointe du Raz en passant par Pont-Aven[177].
La région de Pont-Aven a également accueilli de nombreux artistes dans la deuxième moitié du XIXe siècle, donnant naissance à ce que l'on appelle l'École de Pont-Aven. La ville comporte un musée y étant consacré.
Parcs et jardins
- Conservatoire botanique national – Brest[178] ;
- Le jardin des Explorateurs – Brest ;
- Parc Claude-Goude – Carantec ;
- Parc botanique de Cornouaille – Combrit[179] ;
- Jardins de l'abbaye Notre-Dame de Daoulas – Daoulas[180] ;
- Jardin du château de Boutiguéry – Gouesnach[181] ;
- Parc du manoir de Trogriffon – Henvic ;
- Arboretum du Poërop et forêt de Huelgoat – Huelgoat[182] ;
- Jardin Georges Delaselle – Île-de-Batz[183] ;
- Parc du manoir de Kerazan – Loctudy[184] ;
- Jardin de la Retraite – Quimper ;
- Jardin du Prieuré – Quimper ;
- Le domaine du château de Lanniron – Quimper ;
- Jardin exotique et botanique de Roscoff[185] ;
- Parc et Jardins du château de Trévarez – Saint-Goazec[186] ;
- Parc du château de Bagatelle – Saint-Martin-des-Champs ;
- Château de Kerjean – Saint-Vougay[187] ;
- Château de Kérouzéré – Sibiril ;
- Jardin botanique des Montagnes Noires – Spézet[188].
Principales personnalités finistériennes
- Étienne Gourmelen (vers 1530–1593), médecin ;
- Michel Le Nobletz, prédicateur ;
- Julien Maunoir, prédicateur ;
- Jean-François de La Marche (1729–1806) ;
- René Madec (1736–1784), marchand et nabab ;
- Théophile-Malo de La Tour d'Auvergne-Corret (1743–1800), premier grenadier de la République ;
- Jean Victor Marie Moreau (1763–1813), général ;
- René Laennec (1781–1826), médecin ;
- Guy Le Guen de Kerangal, député ;
- Édouard Corbière, écrivain ;
- Albert de Mun, homme politique ;
- François Tanguy-Prigent, homme politique et syndicaliste ;
- Alexis Gourvennec, agriculteur et syndicaliste ;
- Édouard Leclerc, commerçant ;
- Louis Le Pensec, homme politique ;
- Jean Jestin, compagnon de la Libération ;
- René Lannuzel, missionnaire et prêtre d'Opotiki.
Bateaux
Plusieurs bateaux ont porté le nom « Finistère », dont :
- Un bateau de deux roues à aubes, construit en 1846 au Havre pour le compte de la « Compagnie des paquebots à vapeur du Finistère ».
- Un bateau à hélices, construit initialement pour une compagnie anglaise et qui avait pour nom « Scotia », fut rebaptisé « Finistère » et succéda au précédent sur la ligne de transport de passagers entre Morlaix et Le Havre, avant d'être vendu en 1912 à la compagnie Schiaffino et de faire du transport maritime le long des côtes algériennes.
- En 1917, un cargo, initialement anglais sous le nom de « Kinmount », est brièvement sous pavillon français sous le nom de « Finistère ».
- Après la Première Guerre mondiale, deux autres cargos de la compagnie Schiaffino portent successivement le nom : « Finistère » ; le second, un ancien trois mâts anglais construit en 1909 et ayant porté alors le nom de « Teesider », fut armé pendant la Seconde Guerre mondiale et devint un croiseur auxiliaire sous le nom de code « X-35 » ; il reprit du service comme cargo après la guerre et fut démoli en 1954[189].
Notes et références
Notes
- ↑ Carte géologique du Finistère, site officiel du Geopark Armorique.
- ↑ Au début des Guerres de religion la plupart des habitants, suivant le duc de Mercœur dans sa rébellion, prirent le parti de la Sainte Union aux exceptions notables de Brest, Pont-l'Abbé et Kérouzéré qui soutinrent les protestants, mais les ralliements à Henri IV furent nombreux à partir de sa conversion au catholicisme, par exemple Concarneau, puis Morlaix en 1594.
- ↑ Vauban fortifie Brest, Camaret, le château du Taureau et la ville close de Concarneau ; le débarquement anglais du dans l'anse de Camaret lors de la Guerre de la Ligue d'Augsbourg est repoussé.
- ↑ Selon l'« Annuaire statistique du Département du Finistère pour l'an XII de la République », les deux tiers des exploitations agricoles finistériennes étaient des domaines congéables à cette date.
- ↑ Autres prêtres vivant dans la paroisse, mais sans fonction officielle.
- ↑ Jean Sioc'han de Kersabiec, né le à Saint-Pol-de-Léon, décédé le à Saint-Pol-de-Léon.
- ↑ Cette tradition remonte à l'existence entre 1838 et 1907 de la « Compagnie des paquebots à vapeur du Finistère », fondée par Édouard Corbière, qui assurait des liaisons maritimes entre Morlaix et Le Havre.
- ↑ L'abbé Le Floch fonde en 1924 Saint Brieux (sans tiret) en Saskatchewan, qui reçoit des colons des Côtes-du-Nord, mais aussi du Finistère.
- ↑ Méme si Alan Stivell, né le à Riom (Puy-de-Dôme) n'est pas finistérien, il y a une large audience.
- ↑ Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
Références
- ↑ « Décret du 28 avril 2025 portant nomination du préfet du Finistère – M. LE FRANC (Louis) », legifrance.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ Prononciation en français de France français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.
- ↑ Prononciation en breton KLT retranscrite selon la norme API.
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- ↑ Alexandra Filhon, Cécile Lefèvre, François Héran, « Étude de l'histoire familiale », Institut national d'études démographiques (INED), 2005, (ISBN 978-2-7332-0156-5).
- ↑ « Musées : la place du breton en question dans le sud Finistère », sur Ouest-France, (consulté le )
- ↑ Notice de Denise Delouche, dans « Les Noms qui ont fait l'histoire de Bretagne », 1997, p. 56. Au moins onze rues portent son nom en Bretagne
- ↑ Conservatoire botanique national – Brest.
- ↑ Parc botanique de Cornouaille – Combrit.
- ↑ Jardins de l'abbaye de Daoulas – Daoulas.
- ↑ Jardin du château de Boutiguéry – Gouesnac'h.
- ↑ Arboretum du Poërop et forêt de Huelgoat – Huelgoat.
- ↑ Jardin Georges-Delaselle – Île-de-Batz.
- ↑ Parc du château de Kérazan – Loctudy.
- ↑ Jardin exotique de Roscoff – Roscoff.
- ↑ Parc et Jardins du château de Trévarez – Saint-Goazec.
- ↑ Château de Kerjean – Saint-Vougay.
- ↑ Jardin botanique des Montagnes Noires – Spézet.
- ↑ Jean-Yves Brouard, « Il y a Finistère et Finistère », Le Télégramme, , p. 21.
Voir aussi
Bibliographie
- Cécile Lefèvre et Alexandra Filhon, Histoires de familles, histoires familiales : les résultats de l'enquête famille de 1999, Paris, Institut national d'études démographiques, coll. « Cahiers de l'INED » (no 156), , 641 p. (ISBN 978-2-733-20156-5, lire en ligne).
- Nathalie Couilloud et Conseil général du Finistère, Promenades littéraires en Finistère, Spezet, Coop Breizh, , 271 p. (ISBN 978-2-843-46403-4).
- Jean Savina, Le clergé de Cornouaille à la fin de l'Ancien Régime et sa convocation aux États généraux de 1789, Quimper, Impr. Mme J. Bargain, (BNF 31306104, lire en ligne).
- Michel Denis (dir.), Jean-Jacques Monnier (coordinateur), Ronan Le Coadic, Patrick Gourlay et Claude Geslin, Histoire d'un siècle, Bretagne 1901-2000 : L'émancipation d'un monde, Morlaix, Skol Vreizh, , 400 p. (ISBN 978-2-915623-62-8 et 2-915623-62-7)
- Hervé Coutau-Bégarie et Charles Doré-Graslin (dir.), Histoire militaire des guerres de Vendée, Economica, , 656 p.

- Marie-Madeleine Flambard, « Finistère », dans L'encyclopédie française, Paris, Éditions Larousse, , 5060 p. (ISBN 2031517384), p. 4889–4890.
Articles connexes
- Liste des communes du Finistère
- Liste des monuments historiques du Finistère
- Liste des églises du Finistère
- Conseil départemental du Finistère
- Liste de films tournés dans le département du Finistère
- Volontaires nationaux du Finistère pendant la Révolution
Liens externes
- Site officiel
- Ressource relative à la géographie :
- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Préfecture du Finistère
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